Narco Rubio
- Écrit par Redacción ¡ahora!
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Son affinité familiale avec le monde souterrain du crime ne quittera jamais l’actuel Secrétaire d’État des États-Unis.
L’actuel chef de la diplomatie des États-Unis et plus haute autorité du Conseil de sécurité nationale s’appelle Marco Antonio, en l’honneur du fidèle partisan de Jules César, bien que sa généalogie ne soit pas la même. Tant ses parents que ses beaux-parents sont des Cubains qui avaient quitté l’Île (avant 1959), affichant plus tard une animosité manifeste envers la Révolution cubaine, à laquelle s’ajouta, par la suite, un mépris profond pour tout gouvernement latino-américain et/ou caribéen partageant une vision souveraine ou résistant face à la toute-puissance étasunienne.
Marco Rubio est né en 1971 à Miami ; il a passé une partie de son adolescence à Las Vegas, où ses parents avaient été embauchés par les acolytes de Meyer Lansky et Lucky Luciano, qui avaient dû abandonner précipitamment leurs casinos à La Havane. Cette affinité familiale avec le monde souterrain du crime ne quittera jamais « Narco » Rubio tout au long de ses 54 années de vie. Lui et sa famille seront partie prenante d’une série d’événements que les grands médias se refusent de compiler.
À partir des années 60, Miami devint l’un des centres de distribution de la drogue les plus importants des États-Unis, grâce au savoir-faire apporté par les fugitifs de Cuba. Dès cette époque-là, le taux de criminalité augmenta de 60 % à Miami, faisant de la ville, selon les chiffres officiels, « le siège le plus important du crime organisé aux États-Unis ». Dans ce contexte, la famille Rubio réussit à prospérer, grâce au travail « méritoire » du beau-frère de Rubio, Orlando Cicilia, qui s’enrichit dans le commerce de cocaïne importée de Colombie, en utilisant des serpents dans lesquels ils introduisaient des kilos de drogue tout au long de leur corps.
L’intervention du FBI qui arrêta le beau-frère de Rubio fut appelée « Opération Cobra », en référence aux serpents utilisés pour ce trafic. Cicilia, que le Miami Herald identifia comme le chef du gang, fut condamné à 25 ans de prison en 1989, mais libéré en 2002, après avoir accepté de collaborer avec les forces de sécurité. Les bénéfices des crimes commis par le beau-frère furent estimés à 80 millions de dollars, et ne furent jamais récupérés.
Selon les journalistes de Miami, l’actuel chef de la diplomatie réussit à obtenir un financement familial pour ses différentes campagnes électorales. Une façon sans doute de rétribuer Rubio qui, durant son adolescence, avait gagné sa vie – selon son biographe Manuel Roig-Franzia – en assemblant les boites qui servaient au transport des serpents. Les négociations pour que Cicilia devienne collaborateur de la DEA furent menées par le procureur Dexter Lehtinen, qui obtint la collaboration du beau-frère de Rubio pour justifier l’invasion du Panama, assassiner 517 personnes et kidnapper Manuel Antonio Noriega en 1989. À cette occasion, Lehtinen rétribua le jeune Rubio – l’un des responsables chargés de convaincre son beau-frère – par un stage dans le cabinet de son épouse, la congressiste Ileana Ros-Lehtinen, première congressiste cubano-étasunienne, devenue depuis lors la marraine politique de l’actuel secrétaire d’État.
Deux ans plus tard, Rubio rejoignit les équipes techniques de Lincoln Diaz-Balart, un autre grand représentant de la gusanera [contre-révolution] de Miami, aux côtés de son ami intime David Rivera, qui fut dénoncé, des années plus tard, pour fraude électorale après avoir obtenu un siège au Congrès. Après sa collaboration avec Rubio dans les bureaux de Diaz-Balart, il occupa des postes au Bureau de radiodiffusion de Cuba, une radio chargée de diffuser de la propagande contre-révolutionnaire, et en tant qu’agent sous contrat de l’USAID. Selon Melanie Sloan, directrice de l’organisation Citizens for Responsibility, Rivera « est sans doute le membre le plus corrompu du Capitole », bien qu’il ait été défendu de manière constante par Rubio. Il faut dire que tous deux ont des histoires et des complicités communes pour avoir reçu des financements par Scott Steinger, un homme d’affaires condamné à 20 ans de prison pour la mise en place d’un système de Ponzi d’escroqueries qui fit plus de mille victimes, totalisant une fraude de 1,2 milliard de dollars, ainsi que le blanchiment des actifs du trafic de drogue colombien. Les campagnes des deux hommes reçurent également des soutine financiers d’Alan Mendelsohn, condamné pour blanchiment d’argent issu du trafic de drogue.
Ce ne fut pas leur seul lien : ils participèrent également à une spoliation flagrante des Indiens Séminoles, limitant ainsi l’une de leurs sources de subsistance. Les enquêtes prouvent que les deux congressistes favorisèrent leurs donateurs de campagne – des entrepreneurs dans l’industrie du jeu – visant à imposer une concurrence déloyale aux peuples autochtones. Néanmoins, le FBI décida de ne pas enquêter sur les deux législateurs car son budget dépendait du soutien des républicains. Les agences de sécurité décidèrent d’abandonner leurs enquêtes sur les antécédents des donateurs Steinger et Mendelsohn, ainsi que sur l’achat de votes liés aux casinos, parce que les républicains avaient menacé de remettre en question le budget du FBI au Congrès. Les procureurs, pour leur part, évitèrent d’enquêter sur Rubio qui était sur une trajectoire politique ascendante.
Les liens entre Rivera et Rubio convergent dans le détournement colossal de la société d’État CITGO, appartenant à la République bolivarienne du Venezuela. Selon des dénonciations divulguées par d’anciens responsables du siège texan de cette compagnie pétrolière, Rivera aurait mené des activités frauduleuses, en collusion avec Rubio, alors qu’il travaillait pour cette compagnie, sur recommandation de son ami intime. La trésorière de l’époque de CITGO Petroleum Corporation – filiale de PDVSA aux États-Unis –, Gina Coon, a affirmé posséder des documents, des courriels, des messages WhatsApp et des enregistrements audio qui confirment les opérations criminelles perpétrées par Rivera et Rubio. Bien que des personnalités influentes du Parti républicain en Floride aient tenté d’entraver l’enquête du ministère de la Justice, l’ancien membre du Congrès de Floride David Rivera a été arrêté à Atlanta, en Géorgie, en décembre 2022, accusé par le procureur de plusieurs chefs d’accusation, dont celui d’avoir travaillé illégalement comme « agent étranger » (Loi FARA).
L’accusation fait référence à un « Sénateur 1 » de l’État de Floride. À cette époque, il n’y avait que deux membres du Congrès de la Chambre haute de cet État : Rick Scott et Marco Rubio. Le 29 mars 2025, Venezuela News a rapporté qu’Alejandro Teran, directeur de l’Association latino-américaine des entrepreneurs du pétrole au Texas, a affirmé que Rubio avait reçu des contributions illégales de la fondation gérée par Juan Guaido. Teran les a également accusés d’être des lobbyistes pour ExxonMobil, l’une des sociétés que Trump et son secrétaire d’État cherchent à réintroduire au Venezuela.
Le lien entre les deux a toujours été symbiotique. En 2005, ils ont acheté ensemble une propriété pour y installer leur local de parti. À cette époque, Rivera était connu comme « le tricheur » et « l’exécuteur ». Les deux étaient identifiés comme le « duo d’or », jusqu’à ce que l’un d’eux commence à être connu sous le nom de Narco Rubio. (Tiré de Página 12)
