La loi de la subsistance à Holguín: stockage, spéculation ou nécessité ?
- Écrit par Daimy Peña Guillén
- Published in Holguín
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Le blocus énergétique qui touche Cuba, conséquence des mesures imposées par Washington, a déclenché une série de répercussions qui affectent fortement la vie quotidienne. Face à l'annonce de restrictions dans les transports, une logique humaine élémentaire s'est mise en place dans de nombreuses familles de Holguín : se procurer et stocker des produits de première nécessité.
Cependant, cette réaction instinctive, compréhensible compte tenu de l'angoisse, se mêle et est exacerbée par des dynamiques d'accaparement et de revente à des prix exorbitants. Ce phénomène se produit tant sur le marché informel que par le biais des canaux d'importation des micro, petites et moyennes entreprises (PME).
Par conséquent, la question qui se pose à ceux qui n'ont pas les moyens de suivre cette tendance est claire : quels mécanismes existent pour protéger le consommateur et garantir un accès équitable à la nourriture en période de pénurie extrême ?
Pour comprendre ce scénario, il est essentiel de prendre en compte la grave pénurie de pétrole. Cuba ne produit que 40 % du carburant qu'elle consomme et dépend fortement des importations.
Les récentes mesures américaines qui entravent l'accès au pétrole ont exacerbé la situation au maximum. Face à cela, le gouvernement a réagi en adoptant un ensemble de mesures d'urgence comprenant la réduction de la semaine de travail à quatre jours, des restrictions sur la vente de carburant et la diminution des transports interprovinciaux.
À Holguín, comme dans le reste du pays, cela se traduit par une paralysie partielle de la vie économique et une grande incertitude, ce qui crée un terrain fertile pour l'instinct de stockage, que ce soit pour l'autosuffisance ou pour le profit.
Dans ce contexte complexe, les micro, petites et moyennes entreprises (MPME) – acteurs économiques apparus ces dernières années – sont devenues des fournisseurs clés de produits qui font défaut dans le réseau public. Cependant, le ministère des Finances et des Prix a fixé des prix maximaux pour six produits très demandés (poulet, huile, lait en poudre, etc.) vendus par ces entreprises, limitant également leur marge bénéficiaire à 30 %.
Loin de résoudre le problème, cette mesure a eu un effet pervers : les produits réglementés ont disparu des rayons officiels et sont réapparus sur le marché noir à des prix beaucoup plus élevés. Par exemple, le poulet qu'une PME pourrait vendre à 3 130 pesos passe sur le marché informel et est revendu dans la rue à 4 400 pesos.
Face à cette distorsion du marché, le rôle des autorités d'inspection et de contrôle est extrêmement complexe. Leur mandat est double : d'une part, elles doivent contrôler le respect des réglementations en matière de prix dans les magasins en dollars américains et les micro, petites et moyennes entreprises (PME) — même si l'efficacité de cette mesure est douteuse compte tenu de la migration des produits vers le marché noir — et, d'autre part, lutter contre l'accaparement et la revente illégale sur le marché informel. Cette dernière tâche consiste à identifier ceux qui achètent de grandes quantités à des fins spéculatives, une tâche difficile dans un contexte d'achats généralisés motivés par la panique.
Cependant, ces mesures nécessaires pour éviter les abus se heurtent à une réalité économique accablante. L'hyperinflation du peso cubain, le déficit budgétaire et la pénurie généralisée sont des forces bien plus puissantes que n'importe quel contrôle administratif. Contrôler la vente de produits à des prix « irréalistes » (selon les coûts actuels) peut simplement conduire à ce que ces produits ne soient plus vendus légalement.
Au-delà des chiffres et des réglementations, il y a la vie des gens. Il est vrai que les micro, petites et moyennes entreprises sont très chères, mais c'est le seul endroit où l'on peut se procurer de la nourriture. Lorsqu'une famille dépense ses économies pour acheter plusieurs litres d'huile ou des kilos de farine, ce n'est pas toujours dans un but lucratif. Il s'agit souvent d'un acte désespéré face à la certitude que demain sera plus difficile et plus cher. Différencier cet acte légitime de survie de l'accaparement à des fins spéculatives est le dilemme humain au cœur de la crise.
En définitive, la situation à Holguín est un microcosme du carrefour cubain. Les mesures de contrôle, bien qu'elles partent d'une bonne intention du point de vue de la protection du pouvoir d'achat, peuvent aggraver le problème si elles ne s'attaquent pas à la cause profonde : la grave crise énergétique et la profonde distorsion monétaire et des taux de change.
Tant qu'il n'y aura pas de carburant pour faire tourner l'économie et qu'il existera un écart abyssal entre le dollar officiel et le dollar réel, la pression pour accumuler et la tentation de spéculer continueront d'exister. La solution, comme l'ont reconnu les plus hautes autorités, ne peut se limiter à des restrictions et à des contrôles, mais nécessite de toute urgence des solutions productives qui augmentent l'offre de biens.
Pendant ce temps, dans les rues de Holguín, la lutte quotidienne pour la subsistance se poursuit, démontrant une fois de plus la capacité de résilience du peuple cubain, mais soulignant également les limites d'une approche qui combat les symptômes sans pouvoir guérir la maladie sous-jacente. (Source : Radio Angulo)
