Le FICGibara 2026 dévoile une sélection d'animation où le Sud global rayonne de mille feux
- Écrit par Daimy Peña Guillén
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Le Festival International du Cinéma à Petit Budget (FICGibara 2026) s'apprête à fêter sa vingtième édition avec une sélection d'animation qui célèbre la richesse et la diversité du Sud global.
Quatorze œuvres venues de huit pays composent la sélection officielle d'animation de la vingtième édition du FICGibara, qui se déroulera du 14 au 18 juillet prochain dans cette ville côtière de la province de Holguín. L'exposition est un véritable miroir du Sud global, fidèle à l'esprit fondateur de cet événement qui célèbre le cinéma à petit budget, mais au grand cœur esthétique.
Le comité d'organisation a confirmé que le report de la date — initialement prévue en avril — est une réponse à la situation complexe de l'énergie et du carburant que traverse le pays, afin de garantir les conditions logistiques et la qualité qui font la renommée de l'événement.
Dans la compétition d'animation, Cuba brillera avec quatre œuvres : « Adagio » de David et Daniel Zamora, « La niña y el mar » de Ray Ortega, « Titoverse : Génesis » de Daniel Martín et « Tres Tres Tres » d'Aldo Daniel Luberta. Le Brésil, quant à lui, ouvre la voie parmi les pays étrangers avec un nombre égal de titres : « El monstruo del miedo », « Llena », « Por lo que fue » et « Muñecos de estado en golpes de plástico ».
La sélection s'enrichit également d'œuvres venues d'ailleurs : « Un paseo por la ciudad » du Mexique, « In Half » d'Espagne, « La cripta » du Chili, « La Isla de Basura » d'Argentine, « Paralelo 48 » de Colombie et « Sana » du Pérou.
Cette édition, qui marque un retour aux sources du mouvement du Cinéma pauvre, rendra hommage à l'héritage de son fondateur, le maître Humberto Solás, et à plus de deux décennies de promotion de l'audiovisuel indépendant.
L'événement a vu le jour en avril 2003, sous l'impulsion du célèbre cinéaste cubain Humberto Solás, artisan de chefs-d'œuvre tels que « Lucía ». Son objectif : créer une plateforme alternative pour les œuvres nées de ressources modestes — moins de 300 000 USD — mais empreintes d'une forte signature d'auteur.
Solás a écrit le Manifeste du Cinéma Pobre, où il a clairement affirmé que « pobre » ne signifie pas un manque de qualité, mais un cinéma né de budgets modestes, qui rompt avec l'élitisme culturel et démocratise la production grâce à des technologies accessibles.
Le choix de Gibara comme lieu de rendez-vous n'est pas un hasard : le cinéaste entretenait un lien affectif avec cette ville depuis qu'il y avait tourné des scènes de son film emblématique.
Après le décès de Solás en 2008, le Festival a adopté son nom en hommage, comme une promesse d'éternité. Sous la direction du cinéaste Jorge Perugorría, entre 2015 et 2017, le festival a élargi son horizon et a pris le nom de Festival international du film de Gibara, avant de retrouver son nom d'origine lors des éditions récentes.
En 2024, la 18e édition a réuni 83 œuvres venues de 25 pays, tandis qu'en 2025, plus de 500 œuvres de 35 nations ont participé, confirmant la vitalité de ce festival.
Le Festival explore les univers du long métrage et du court métrage de fiction, du documentaire, de l'animation et du cinéma expérimental. Les prix les plus prestigieux sont les Prix Lucía, un nom qui, une fois encore, fait vibrer le cœur en évoquant le chef-d'œuvre de Solás.
L'une de ses caractéristiques les plus singulières est son âme populaire. Conçu comme « un Festival de village », il invite les habitants de Gibara à participer activement aux projections et aux activités parallèles : concerts, expositions, ateliers et rencontres théoriques. Une ville aux infrastructures modestes, mais au patrimoine d'une richesse inestimable.
Avec cette vingtième édition, le FICGibara réaffirme son engagement en faveur de la rencontre culturelle et de l'échange entre les cinéastes de la région, malgré les contraintes matérielles imposées par le contexte actuel. (Source : Radio Angulo)
