Le Président cubain Miguel Diaz-Canel comparaît devant les médias
- Écrit par Redacción ¡ahora!
- Published in Cuba
- Hits: 40
La conférence de presse a été retransmise en direct sur les chaînes nationales de radio et de télévision, ainsi que sur la chaîne YouTube de la Présidence.
Qu’est-ce qui change dans les relations entre Cuba et le Venezuela à la suite de l’agression militaire contre ce pays par le gouvernement des États-Unis ?
Quelle est la portée de la solidarité internationale avec Cuba, après les récentes mesures de l’administration Trump, y compris le blocus énergétique ?
Est-il possible d’engager un dialogue avec les États-Unis ? Sous quels principes ?
Quel est l’état actuel de la situation électrique et énergétique nationale ? La stratégie de sa récupération est-elle mise à jour ? Comment avancer plus rapidement vers une dépendance accrue aux ressources énergétiques nationales ?
Dans des conditions de blocus extrême, comment orienter la vie du pays vers des priorités de survie reposant davantage sur les capacités de production locales, sous la conduite du Parti qui, au niveau local, doit aussi être plus efficace pour obtenir davantage de résultats et plus rapidement ?
Ces questions et d’autres ont été abordées par le Premier secrétaire du Comité central du Parti et président de la République, Miguel Diaz-Canel Bermudez, lors de sa comparution devant les médias nationaux et internationaux sur les problèmes urgents de la réalité cubaine actuelle, rendue plus complexe à la suite de l’agression militaire contre le Venezuela et la menace directe contre Cuba par le gouvernement des États-Unis, y compris la récente mesure de blocus pétrolier imposée à l’Île.
FACE A LA THÉORIE ENNEMIE DE L’EFFONDREMENT, NOTRE RÉSISTANCE
Au début de son intervention, le Président cubain a affirmé qu’aussi bien les théories de l’effondrement de Cuba que celle de l’État en faillite sont des constructions par lesquelles le gouvernement des ÉtatsUnis a tenté de caractériser la situation cubaine, avec pour objectif historique de renverser la Révolution par deux voies : l’asphyxie économique et l’agression militaire.
Il a souligné que la première vient d’être reconnue explicitement par le président des États-Unis lui-même : « Il a dit qu’ils avaient appliqué contre Cuba toutes les pressions possibles, reconnaissant ainsi qu’il n’y a pas d’État défaillant, mais un État qui a dû affronter, avec beaucoup de résistance, les pressions maximales – pas de n’importe qui – mais les pressions maximales visant l’asphyxie économique par la principale puissance du monde, avec un fondement impérial et un objectif hégémonique de domination.
« Et, d’un autre côté, il y a l’agression militaire, lorsque dans la seconde partie de sa phrase, il dit qu’il ne restait plus rien d’autre à faire que d’envahir les lieux. »
Le Président a rappelé que la majorité des générations actuelles de Cubains sont nées sous le blocus économique des États-Unis : « Sous le poids de ces entraves économiques, nous avons toujours connu des pénuries, toujours affronté des difficultés complexes, toujours dû fonctionner au milieu de vicissitudes, d’impositions et de pressions qui ne sont imposées à personne d’autre dans le monde, et encore moins de manière aussi prolongée. »
Il a confirmé que ces temps-ci sont particulièrement difficiles, « mais nous allons les surmonter ensemble, avec une résistance créative, avec l’effort et le talent de tous ».
LA RELATION AVEC LE VENEZUELA N’EST PAS DE DÉPENDANCE, MAIS DE COOPÉRATION
En réponse à une question du site Russia Today, le Président cubain a affirmé que la relation avec le Venezuela ne peut être qualifiée de relation de dépendance.
« Beaucoup tentent de la considérer comme une relation de dépendance entre deux pays, et ce faisant, ils la réduisent à un simple échange de marchandises et de services. Or, ce n’est pas la réalité de la relation que nous avons entretenue avec la Révolution bolivarienne. »
Il a expliqué que, dès le début, avec Chavez, s’est tissée une relation de coopération et de collaboration fondée sur la solidarité, notamment l’intégration et la complémentarité, comme entre deux pays frères. C’est ainsi qu’est né, il y a plus de 25 ans, l’Accord de coopération intégral.
« Pourquoi intégral ? Parce qu’il couvre de nombreux domaines : l’énergie, les questions de souveraineté alimentaire, d’éducation, d’enseignement supérieur, d’alphabétisation, de formation de cadres et de ressources humaines.
« Il inclut aussi l’industrie, les minerais, les télécommunications, les échanges culturels et également politiques. Et cela a transcendé les relations entre Cuba et le Venezuela. »
Il a rappelé que quatre ans plus tard est née l’ALBA-TCP, puis Petrocaribe, « avec une approche énergétique, mais surtout une approche sociale, tournée vers la justice sociale, l’équité, les opportunités et les bénéfices mutuels, ainsi que le développement des peuples, non seulement du Venezuela et de Cuba, mais de l’Amérique latine et des Caraïbes ».
Diaz-Canel a assuré qu’aucun autre bloc d’intégration régionale n’a obtenu en si peu de temps les succès sociaux atteints par l’ALBA-TCP, citant plusieurs exemples concrets.
Bien sûr, atil souligné, des relations économiques et commerciales se sont également tissées, ainsi que des projets de coopération très importants. Et l’un de ces projets, notamment dans le domaine de l’énergie, consistait à compenser la prestation de services médicaux par du combustible, ce qui a couvert une part importante des besoins de Cuba.
« Pas tous, mais une partie importante ; surtout récemment. À une autre époque, il est vrai que cela couvrait bien toutes les besoins en combustible de notre pays, mais ces derniers temps, cela ne les couvre plus complètement, car rappelons que le Venezuela a été soumis à des sanctions, à des mesures coercitives, à des pressions, ce qui a également compromis cet échange qui s’est maintenu de manière très large, mais qui n’a pas toujours atteint les niveaux d’autrefois.
Il a expliqué que cet échange a été encore plus compromis lorsque le blocus énergétique et naval contre le Venezuela a démarré, « qui a empêché les navires vénézuéliens ou d’autres pays d’acheminer du combustible vers Cuba, aggravé par l’ordre exécutif récent du gouvernement des États-Unis, qui utilisent la menace d’imposer des tarifs douaniers aux pays qui fournissent du pétrole. Sous ce prétexte, atil souligné, ils ont instauré un blocus énergétique contre notre pays.
Diaz-Canel a affirmé que « l’avenir des relations avec le Venezuela dépend de notre capacité à construire cet avenir à partir de la situation présente, celle d’un Venezuela agressé.
« En matière de coopération, nous n’imposons pas la coopération », a-t-il ajouté. « Nous offrons la coopération, nous la partageons avec solidarité, lorsqu’un gouvernement, lorsque des gouvernements, lorsque des peuples nous demandent cette coopération. Et c’est sous ce principe que nous avons maintenu cette coopération avec le Venezuela », a-t-il dit.
Il a repris une phrase de Marti sur son engagement envers le Venezuela et a souligné qu’envers cette terre bolivarienne, « nous avons aussi des engagements et des sentiments très forts, et tant que le gouvernement vénézuélien défendra favorisera, défendra cette coopération, Cuba sera prête à coopérer ».
CUBA N’EST PAS SEULE
Le Premier secrétaire du Comité central du Parti communiste de Cuba a réaffirmé qu’immédiatement après l’annonce du blocus énergétique contre Cuba, des manifestations de soutien ont eu lieu au niveau national et international. Il a mentionné plusieurs de ces déclarations de solidarité de la part de porte-parole, de ministère des Relations extérieures, de leaders internationaux et de mouvements regroupant divers pays.
Il a cité, entre autres, les conversations téléphoniques entre le président de Russie et le Secrétaire général du Parti communiste chinois, qui ont exprimé leur soutien et leur engagement à poursuivre la collaboration et la coopération avec le Venezuela et avec Cuba.
Il a souligné qu’en plus de ces manifestations de solidarité, « il y a d’autres choses, des choses que nous ne pouvons pas expliquer ouvertement aujourd’hui, car l’ennemi traque de toutes les ouvertures possibles pour Cuba, tous les chemins qui pourraient s’ouvrir à Cuba ; « mais je peux vous assurer, avec tout le sens de la responsabilité, que Cuba n’est pas seule », a-t-il dit.
« En un moment comme celuici, il y a beaucoup de personnes, de gouvernements, de pays, d’institutions, d’entreprises qui sont disposés à travailler avec Cuba et qui nous ont déjà fait parvenir des voies, des mécanismes, des intentions sur la manière dont nous pouvons procéder.
« La traque énergétique, la traque financière, le durcissement des mesures coercitives sont tels que nous savons que nous devons accomplir un travail très intense, très créatif, très intelligent pour surmonter tous ces obstacles, mais un groupe d’institutions, de personnes et de gouvernements à travers le monde ont le courage de le soutenir », a affirmé DiazCanel.
LE MONDE NE PEUT PAS PERMETTRE QUE LA FORCE ÉCRASE LE MULTILATERALISME
À propos de ce que peut faire la communauté internationale pour contenir l’offensive impérialiste du gouvernement des États-Unis dans de multiples directions, le Président cubain a répondu à l’agence chinoise Xinhua que « le monde ne peut pas se laisser écraser, le monde ne peut pas se laisser humilier, le monde ne peut pas permettre que la force écrase le multilatéralisme ».
Il a estimé que tous les peuples du monde sont exposés, sans exception, à une guerre politique et idéologique, comportant aussi une dimension culturelle et médiatique.
« Pourquoi est-ce une guerre idéologique ? Parce que l’on tente d’imposer la pensée hégémonique de la principale puissance impérialiste du monde. Pourquoi est-ce une guerre culturelle ? Parce que, pour que cette hégémonie s’impose à l’échelle mondiale, il faut rompre les liens avec les racines culturelles des peuples ; il faut manœuvrer pour que les peuples considèrent leur culture ou leur histoire comme obsolètes ; que les gens renient leur identité, qu’ils aient honte de leur histoire, afin qu’ils puissent alors être assimilés et qu’on leur impose les paradigmes et les modèles de cette philosophie hégémonique, de cette philosophie impériale. »
Il a illustré, avec le cas de l’agression contre le Venezuela, la raison pour laquelle il s’agit aussi d’une guerre médiatique, et il a dénoncé qu’un procédé similaire est utilisé contre Cuba, à travers une guerre psychologique « faite de pressions pour fracturer l’unité, créer la méfiance, promouvoir l’incertitude, autant d’éléments qui démontrent la perversité ».
Il a estimé que les nations du Sud global doivent comprendre ce qui est en jeu, afin de rechercher l’articulation, « une unité qui ne peut pas être seulement de discours, mais aussi d’action, de dénonciation constante, de recherche de toute intégration en blocs possibles, au sein d’un front, en défendant des idées, en recherchant également des actions économiques, commerciales, de coopération, de collaboration, qui défendent le multilatéralisme. »
Il a ajouté que certains blocs assurent un rôle de leadership : « les BRICS, avec des perspectives différentes pour le Sud global ; les relations de puissances comme la Chine et la Russie avec les pays du Sud sont différentes ; l’Union eurasiatique et d’autres blocs… Le mouvement des pays non alignés doit jouer un rôle fondamental, tout comme le Groupe des 77… ».
Il a insisté sur le fait que cette mobilisation doit être anti-hégémonique, mais aussi antifasciste.
« On se comporte comme des hordes hitlériennes lorsque l’on agresse un pays, lorsque l’on écrase le monde, lorsque l’on enlève un président ou lorsque l’on commet des actions criminelles contre des navires, contre des personnes de manière extrajudiciaire, sans aucun élément de légalité », atil déclaré.
« Il existe des voies, je suis persuadé qu’il existe des voies, mais pour les emprunter et pour parvenir à cette intégration, nous devons tous faire preuve dans le Sud global de courage et de détermination », a-t-il conclu.
CUBA SERA TOUJOURS PRÊTE À UN DIALOGUE AVEC LES ÉTATS-UNIS, SANS PRESSIONS ET SUR UN PIED D’ÉGALITÉ
Concernant les relations avec les États-Unis dans le contexte actuel et la possibilité réelle d’un dialogue, le Président cubain a rappelé que l’histoire de ces liens, après le triomphe de la Révolution, a été marquée par l’asymétrie imposée par le blocus économique, commercial et financier des gouvernements étasuniens, aujourd’hui renforcé.
Cependant, a-t-il dit, il y a toujours eu, à l’intérieur comme à l’extérieur des États-Unis, des personnes, des groupes et des organismes qui ont favorisé des voies, des ponts, des espaces de dialogue ou des canaux de communication.
« Et souvent, cela a été possible ; et quand cela a été possible, nous avons pu parler comme des égaux sur des thèmes où l’on pouvait y compris avoir des critères différents, mais qui doivent être abordés en commun, car nous appartenons à une même zone géographique, nous sommes des voisins très proches. »
Il a mentionné les questions migratoires, de sécurité, de lutte contre le narcotrafic, contre le terrorisme, les questions environnementales, ainsi que d’autres sujets liés à la coopération scientifique.
« Il existe un vaste programme de thèmes à aborder. Et Cuba a toujours eu une position historique, définie et défendue par le commandant en chef Fidel Castro, poursuivie par le général d’armée Raul Castro, laquelle demeure inaltérable et invariable à l’heure actuelle.
Cuba est prête à un dialogue avec les États-Unis ; un dialogue sur n’importe quel sujet que l’on souhaiterait discuter. À quelles conditions ? Sans pressions. Sous la pression, il est impossible de dialoguer ; sans préconditions, sur une position d’égalité, dans le respect de notre souveraineté, de notre indépendance, de notre autodétermination ; sans aborder des thèmes (…) que nous pourrions considérer comme une ingérence dans nos affaires internes. »
Diaz-Canel a affirmé que, à partir d’un tel dialogue, il est possible de construire une relation civilisée entre voisins, bénéfique pour les peuples des deux pays. « Les Cubaines et les Cubains n’éprouvent pas de haine envers le peuple étasunien ; nous reconnaissons les valeurs du peuple étasunien, les valeurs de son histoire, les valeurs de sa culture. »
Il a déclaré que, lorsqu’on a trouvé des espaces de dialogue (par exemple dans les secteurs scientifique, sportif, religieux, culturel, de la santé, voire au niveau politique), il existe de nombreux domaines sur lesquels on pourrait travailler ensemble, sans préjugés ; et dont les deux peuples sont privées à cause de la politique décadente, arrogante, criminelle et du blocus persistant du gouvernement des ÉtatsUnis.
Il a affirmé que cette disposition au dialogue n’est pas nouvelle : « c’est aussi une position de continuité, et je crois que c’est possible. »
« NOUS NE SOMMES PAS UNE MENACE POUR LES ÉTATSUNIS
À propos de la préparation à la défense du pays et de la manipulation qui a été faite d’une note du Conseil de défense nationale au sujet d’un prétendu passage à l’état de guerre, le chef de l’État a précisé que c’est le peuple qui soulève le moins de préoccupation, « car la population participe ».
Il a déclaré que la plus grande préoccupation est celle de « cet essaim annexionniste que nous avons dans le coin, de ceux qui commencent à flancher, de ceux qui commencent à se montrer des signes de lâcheté ou de faiblesse face aux pressions et à la guerre psychologique qu’ils ont engagée contre nous, face aux annonces d’une possible agression militaire ou du durcissement du blocus contre Cuba, avec les conséquences que cela peut avoir pour notre peuple ».
Il a expliqué que la doctrine militaire de Cuba est la conception de la guerre de tout le peuple, qui est un concept de défense de la souveraineté et de l’indépendance du pays. « En aucun cas, à aucun moment, dans aucun chapitre, dans aucun concept, elle ne prévoit l’agression contre un autre pays. Nous ne sommes pas une menace pour les ÉtatsUnis », atil affirmé.
La rhétorique injurieuse d’une possible agression contre Cuba vient du gouvernement des ÉtatsUnis, a-t-il dénoncé. Cependant, les révolutionnaires savent bien ce que signifie la défense d’une Révolution ; qu’une Révolution qui ne sait pas se défendre et ne renforce pas sa défense a beaucoup de mal à survivre dans certaines circonstances. « C’est notre devoir souverain, face à un danger d’agression, de nous préparer à la défense. »
Après l’agression contre le Venezuela et les menaces pour la région, a-t-il dit, la priorité a été donnée au déploiement d’un plan de préparation à la défense dans l’intérêt de la guerre de tout le peuple, qui comprend la préparation de tout le système défensif territorial dans tous ses maillons : depuis la zone de défense, la municipalité, la province, jusqu’au Conseil de Défense nationale ; des unités régulières des FAR et du Minint ; des brigades de production et de défense ; des milices de troupes territoriales ; des groupes spéciaux… « C’est légitime et c’est même prévu dans notre Constitution », atil souligné.
Il a indiqué que, lors d’une réunion du Conseil de Défense nationale, le plan pour le passage à l’état de guerre a été mis à jour, si cela devenait nécessaire, « et cela a été publié, car nous ne le cachons pas ».
Il a ensuite condamné la manipulation faite de cette note par des médias ennemis pour générer de la confusion. Il a repris les termes exacts de sa rédaction et a précisé : « Il n’est pas dit que nous passons à l’état de guerre. Il est dit que nous nous préparons au cas où il faudrait passer à l’état de guerre à un moment donné. »
LES ÉTATSUNIS SONT BIEN UNE MENACE POUR LA SÉCURITÉ DU MONDE
En réponse aux questions de Prensa Latina sur les mensonges utilisés par la MaisonBlanche pour justifier le plus récent décret présidentiel, DiazCanel a fait référence à l’argument lié au terrorisme et a rappelé, avec des exemples connus, l’historique des actes terroristes contre Cuba « organisés, financés et soutenus par les gouvernements successifs des ÉtatsUnis ».
Le chef de l’État cubain a alors déclaré : « nous avons connaissance de projets d’actes terroristes qui sont actuellement soutenus, financés et préparés aux ÉtatsUnis, visant à agresser Cuba en un moment comme celuici. En temps voulu nous fournirons les informations, nous ferons toutes les dénonciations nécessaires ».
Il a qualifié d’impudence et d’immoralité le fait d’accuser Cuba de promouvoir le terrorisme. « C’est une manipulation, c’est un mensonge, c’est une calomnie. »
Et DiazCanel de réaffirmer : « Cuba n’est pas un pays terroriste ! »
Cuba n’est pas non plus une menace pour la sécurité des ÉtatsUnis. Cuba n’a jamais entrepris, proposé ni armé une action agressive qui mette en danger l’intégrité territoriale, la sécurité ou la stabilité du gouvernement des ÉtatsUnis.
« Nous ne protégeons pas de terroristes.
« Il n’y a pas de forces militaires à Cuba appartenant à d’autres pays ni à d’autres groupes. Il n’y a pas de bases militaires d’autres pays à Cuba.
« Nous avons une coopération militaire et des accords de coopération militaire avec des pays amis, avec des alliés, mais cela ne signifie en aucun cas qu’il y ait des bases militaires. »
Il a insisté sur le fait que la seule base militaire illégale à Cuba se trouve à Guantanamo, appartenant aux ÉtatsUnis, contre la volonté du peuple de l’Île.
« Qui possèdent des bases militaires dans le monde ? Qui se distinguent par leur soutien au terrorisme d’État dans le monde ? La pression exercée sur le Venezuela et l’enlèvement d’un président n’ont-ils pas été un acte de terrorisme d’État ? Ou encore le soutien des ÉtatsUnis au génocide, à Gaza, du peuple palestinien, n’estil pas un acte de terrorisme ?
« Ou alors tirer sur des embarcations et les couler avec des personnes à bord, alors que l’on n’a pas prouvé qu’elles avaient des liens avec le narcotrafic, de manière extrajudiciaire, sans aucune enquête, sans preuve, n’estce pas un acte de terrorisme ? De quel côté la vérité se trouve-t-elle ans ce monde ?
« Quel est le principal État qui constitue réellement un danger pour la sécurité du monde, pour la paix du monde ? Les ÉtatsUnis, atil dit.
POURSUITE DES INVESTISSEMENTS POUR STABILISER LE SYSTÈME ÉLECTRIQUE
À la question sur les vulnérabilités actuelles du Système électrique national et les perspectives pour faire avancer ou non sa stabilisation, ainsi que sur les variables pour mieux exploiter les ressources énergétiques de la nation, le dirigeant de la plus grande des Antilles a expliqué en détail comment ce programme transversal à l’économie du pays et au bienêtre de la population a été mis à jour.
En premier lieu, et en raison de la traque et de la coercition de la MaisonBlanche sur ce secteur, il a réaffirmé l’importance d’accélérer la transition énergétique vers les sources d’énergie renouvelables.
Il a assuré que, compte tenu de l’ampleur des difficultés, l’année dernière – l’une des plus marquées par le harcèlement, avec moins de ressources financières et moins de combustible – toutes les réalisations en matière d’investissements n’a pas été pleinement visible.
Il a informé la récupération de capacités de production décentralisée de plus de 900 mégawatts (MW).
Pourquoi cet impact n’atil pas été perçu ? Parce qu’il n’y avait pas de combustible pour les mettre en marche, atil répondu, en donnant l’exemple qu’au cours des quatre dernières semaines, il n’a pas été possible de générer quoi que ce soit avec ces moteurs, ni avec ceux qui étaient déjà actifs auparavant (au total, entre 1 300 et 1 400 MW).
En se basant sur les valeurs actuelles du déficit, il a montré combien celui-ci aurait pu être réduit si les moteurs avaient disposé du combustible nécessaire. « Le déficit aurait pu être limité à 500 ou 400 MW au moment du pic, et nous aurions pu éviter la plupart des coupures nocturnes après le pic et durant les premières heures de la matinée », a-t-il dit.
Il a souligné qu’il s’agit d’un potentiel qui n’a pas pu être exploité en raison des difficultés d’approvisionnement en combustible, mais qui reste bien présent.
Grâce aux travaux de réparation et de maintenance des centrales thermiques, une partie de la capacité a également été récupérée. C’est la principale raison qui permet aujourd’hui de maintenir le déficit moyen au même niveau qu’auparavant, même si la génération distribuée est à zéro, comme lorsque seule une partie de la production au diesel et au fuel était opérationnelle.
Il a détaillé une troisième voie qui concerne les investissements dans les sources d’énergie renouvelables : en 2025, des capacités ont été installées pour générer environ 1 000 MW dans 49 parcs solaires photovoltaïques.
Cette infrastructure permet que, pendant la journée, les déficits ne présentent pas les mêmes pics qu’au cours de la nuit, a-t-il expliqué.
« Ces 1 000 MW de parcs photovoltaïques produisent en moyenne, quotidiennement, pendant les heures de jour de fonctionnement, 38 % de l’énergie que le pays consomme en ce moment. Et cela nous a permis de maintenir un niveau de déficit contrôlable, gérable pendant les horaires diurnes. »
Sans cette infrastructure installée et en marche, atil souligné, « le pays aurait vécu systématiquement de blackout en blackout. Autrement dit, le système aurait été constamment instable, il y aurait eu un effondrement total, puis une récupération, et en deux ou trois jours nous serions revenus à l’instabilité. Cela ne s’est pas produit. »
À propos de la perception que les coupures de courant en journée ont augmenté, il a précisé que cela s’explique par une autre raison : « Jusqu’en 2025, nous avons travaillé avec le concept de prioriser la fourniture d’électricité à la population pendant la journée. Mais l’économie était arrêtée : l’industrie, les activités agricoles d’irrigation, les principales usines, les principaux centres exportateurs, de production de biens pour la population… »
Il a alors expliqué qu’il a été décidé d’attribuer davantage d’énergie à l’économie. « Si l’économie ne produit pas, notre situation se complique davantage, et l’impact des problèmes énergétiques est plus grand dans la vie des Cubaines et des Cubains. »
Selon ce principe, a-t-il dit, la priorité est donnée à l’irrigation agricole – il a cité l’exemple du tabac et des 200 000 hectares de riz semés cette année, afin d’assurer entre 30 % et 40 % de la consommation pour le panier familial réglementé – ainsi qu’à certaines activités d’exportation et de substitution des importations.
« Maintenant, comme désormais toutes les provinces avaient des affectations pour équilibrer cette situation dans le pays, c’est à La Havane que cela se ressent le plus, car c’est elle qui avait la plus grande capacité de céder une partie de l’énergie pour pouvoir renforcer l’économie », atil précisé à propos de la capitale.
Le Premier secrétaire du Comité central du Parti a affirmé qu’en raison des pressions croissantes, Cuba doit parvenir à se soutenir énergétiquement avec les sources d’énergie qu’elle possède : pétrole brut national lourd et sources renouvelables comme l’air, l’eau, le soleil, la biomasse, le biogaz…
C’est un concept, atil indiqué, qui doit imprégner toute la stratégie énergétique ; cependant, le programme de réparation des centrales thermoélectriques se poursuivra, « car, en outre, avec cette base thermoénergétique nous pouvons produire avec du brut national sans dépendre des importations de combustible. »
De même, atil déclaré, les investissements dans les parcs solaires photovoltaïques vont se poursuivre, et il a précisé que, d’ici la fin février, 98 MW supplémentaires seront installés, et à la fin mars 58 MW, « et ainsi nous incorporerons, chaque mois de l’année, davantage de mégawatts, comme nous l’avons fait l’an dernier ».
Il a ajouté que des investissements sont désormais réalisés, non seulement pour accroître la production à partir de sources d’énergie renouvelables, mais aussi pour accumuler une partie de cette énergie, afin de garantir la stabilité de la fréquence du système et de disposer de certaines capacités de fourniture d’énergie pendant la nuit.
Le dirigeant a également informé que 5 000 systèmes photovoltaïques domestiques de 2 kW sont en cours d’installation dans des logements isolés et donc non électrifiés ; parallèlement, 5 000 autres modules photovoltaïques fourniront de l’énergie à :
• des centres vitaux de services à la population
• 161 foyers maternels
• 121 logements où résident des enfants atteints de maladies nécessitant un traitement électrodépendant (l’an dernier, 161 de ces foyers ont été équipés)
• 156 maisons de retraite
• 305 foyers de personnes âgées
• 556 polycliniques (principalement pour les services d’urgence et autres zones vitales)
• 336 agences bancaires
• 349 bureaux commerciaux et administratifs
En outre, le chef de l’État a déclaré que 10 000 systèmes photovoltaïques domestiques sont en cours de distribution en priorité aux travailleurs du système éducatif et de la santé.
Des incitations de paiement ont également été approuvées pour l’achat et l’installation de ces systèmes par des acteurs non étatiques qui décideraient de contribuer au Système électrique national ou d’en faire bénéficier la communauté, ainsi que des incitations tarifaires, de prix et de modalités de paiement qui favoriseraient l’expansion de l’utilisation des technologies de production basées sur les sources d’énergie renouvelables.
Cette année, a poursuivi DiazCanel, des capacités éoliennes seront récupérées pour la production, dans certains parcs présentant des problèmes techniques, et de nouveaux investissements sont prévus.
Le Président a particulièrement insisté sur l’expertise acquise au niveau national dans l’installation d’infrastructures pour exploiter les sources d’énergie renouvelables, expertise qui pourrait même devenir un service exportable.
DES MESURES SERONT APPLIQUÉES POUR FAIRE FACE À LA PÉNURIE AIGUË DE COMBUSTIBLE
À la question de savoir s’il est possible d’accroître la production de l’industrie nationale de pétrole équivalent (y compris le gaz et autres dérivés), afin de dépendre moins du combustible importé, le chef de l’État a commencé par dire que la disponibilité actuelle de combustible est complexe.
« Nous avons des problèmes de disponibilité de combustible pour garantir non seulement la production d’électricité, mais aussi les activités de base, qui concernent directement la population. »
Il a informé que, pour cette raison, le Conseil des ministres s’est réuni afin d’établir des directives gouvernementales en vue de faire face à la pénurie aiguë de combustible. « Nous avons pris comme référence les indications du Commandant en chef pour la période spéciale. »
Il a expliqué qu’un groupe de vicepremiers ministres et de ministres informeront la population, en détail, du contenu des mesures, afin qu’en l’espace d’une semaine nous sachions comment nous allons faire face à la situation.
Le Président cubain a affirmé avec fermeté que, « même s’il y a un blocus énergétique, nous ne renonçons pas à recevoir du combustible dans notre pays. C’est notre droit. Et nous ferons toutes les démarches, et nous faisons déjà toutes les démarches, pour que le pays puisse à nouveau disposer d’entrées de combustible, d’approvisionnement en combustible. »
Il s’est également dit confiant sur le travail réalisé par le Parti et le gouvernement pour que la population et l’économie soient le moins affectées possible ; « dans des conditions difficiles, car il y a un blocus énergétique de la part des ÉtatsUnis et que la crainte est grande, avec un impact psychologique important sur les armateurs, les compagnies maritimes et les pays qui pourraient nous fournir du combustible. »
Le chef de l’État a condamné le fait qu’une puissance adopte une politique aussi agressive et aussi criminelle envers une petite nation.
« Que signifie bloquer, ne pas permettre qu’une goutte de combustible arrive dans un pays ? C’est entraver le transport des aliments, la production des aliments, le transport public, le fonctionnement des hôpitaux, des institutions de toutes sortes, l’école, la production de l’économie, le tourisme… », a-t-il dit.
« Comment maintenir les cours des enfants sans combustible ? Comment fonctionnent nos systèmes vitaux sans combustible ? Comment distribuonsnous la nourriture ? Comment semonsnous ? Comment labouronsnous ? Comment préparonsnous la terre ? Comment récoltonsnous les produits ? Comment nous déplaçonsnous ? », atil poursuivi.
Il a annoncé que les mesures qui devront être prises, bien qu’elles ne soient pas permanentes, dépendront de la disponibilité de combustible. Il a souligné qu’elles impliqueront des sacrifices, une fois de plus, mais que la reddition n’est pas une option. « Il y a beaucoup à défendre. »
« Beaucoup de Cubains et de Cubaines dignes ont donné leur vie pour ce pays, pour l’indépendance de ce pays à toutes les époques. Et les plus récents, ce sont les 32 compagnons tombés au Venezuela. Leur mort a indigné notre peuple. Et cette blessure est encore fraîche. Cette blessure ne se referme pas », a déclaré DiazCanel.
« Et pourquoi ontils agi ainsi ? Parce qu’ils avaient une conviction, ils savaient ce qu’ils défendaient. Ce n’était pas seulement un président, ce n’était pas seulement une nation sœur, c’était la dignité, c’était la souveraineté, c’était Cuba, c’était la Révolution, c’était l’Amérique latine et les Caraïbes. C’est le Sud global.
« Et ils l’ont fait de la seule manière possible, avec une attitude de vie cohérente en un moment comme celui-là : avec du courage, avec de la bravoure», a-t-il déclaré.
« Quel droit une nation a-t-elle d’empêcher qu’un pays reçoive du combustible ? Ce faisant, ils n’agissent pas seulement contre Cuba et contre le peuple cubain. Combien de personnes empêchent-ils ainsi d’entretenir une relation commerciale normale avec Cuba ? Combien d’entreprises et d’entités en sont-elles affectées ? N’est-ce pas une violation de tout le droit international, de la Charte des Nations Unies ? Cela ne va-t-il pas à l’encontre du libre commerce que défendent le capitalisme et l’impérialisme ?
Mais, en plus, qui pensentils être pour nous imposer cela ? Quelqu’un peutil se réjouir dans le monde que l’on fasse cela à un pays ? Y atil un semblant d’humanisme, de décence, de sensibilité, de dignité chez quelqu’un qui agit ainsi ? », s’est demandé le Premier secrétaire.
Il a expliqué qu’en conséquence, « nous devons interrompre, reporter certaines choses, pour pouvoir continuer à faire fonctionner l’essentiel », et il a fait référence aux réserves d’économie qui existent partout, en attendant que se matérialisent les actions qui nous rapprochent de la souveraineté énergétique.
Parmi ces actions, il a mentionné l’augmentation des capacités de stockage de combustible, comme celles qui ont été perdues lors de l’incendie de la base des supertankers. « Si nous avons plus de capacité, nous pourrons disposer de plus de combustible, et l’une des choses que nous allons promouvoir est d’avoir davantage de combustible en consignation dans le pays. »
Il a également fait référence aux actions visant à accroître la production de brut national (ou pétrole équivalent).
Il a mentionné que, dans le cadre de cette stratégie, qui inclut l’extraction de gaz pour la production d’électricité et le combustible de cuisson, cette année, à La Havane, 20 000 consommateurs supplémentaires auront accès au gaz manufacturé.
« Augmenter la production de pétrole équivalent nous permet alors d’avoir davantage de couvertures de brut pour faire fonctionner également nos centrales thermoélectriques, qui peuvent consommer ce brut.
« Mais nous étudions aussi, et nous avons déjà acheté des moteurs qui nous aident à la production d’électricité ou qui fonctionnent pour d’autres applications, capables d’utiliser ce brut cubain.
Il a précisé que les scientifiques ont reçu la tâche de dépoussiérer des études de l’Institut de recherches pétrolières afin d’aboutir au raffinage du brut cubain et d’améliorer sa qualité, pour le raffiner et obtenir de l’essence, du fueloil, du diesel… « Nous avons réalisé, à la fin de l’année, une petite expérience de raffinage de brut national. Et des perspectives se font jour. »
Le président a passé en revue d’autres alternatives qui, dans les conditions actuelles, contribueraient à alléger le déficit de combustibles, parmi lesquelles il a mentionné l’obtention et l’exploitation du biogaz, de la biomasse et de l’énergie hydraulique ; certaines d’entre elles dans plusieurs projets pilotes qui pourraient être généralisés.
Il a assuré que, les marques de soutien reçues en ces journées si agitées ont montré que « dans le monde, nombreuses sont les personnes et les entités qui rejettent les chantages et qui s’opposent au blocus économique contre Cuba, et qui sont disposées à prendre des risques pour travailler avec Cuba.» (Source : Granma)
