« Cuba ne représente pas une menace pour les États-Unis, et encore moins une menace extraordinaire et inhabituelle »
- Écrit par Redacción ¡ahora!
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Entretien du Premier secrétaire du Comité central du Parti et président de la République, Miguel Diaz-Canel Bermudez, avec Tom O’Connor, rédacteur en chef de politique étrangère et rédacteur adjoint chargé de la Sécurité nationale et de la politique étrangère au journal Newsweek.
Newsweek : Vous avez confirmé que les États-Unis et Cuba sont en discussion et vous avez proposé des domaines de coopération comme la science, la migration et la lutte contre le trafic de drogue. Le président Trump semble rechercher un changement de régime. Pensez-vous qu’il soit possible de parvenir à un accord et que la diplomatie puisse prévaloir ?
Miguel Diaz-Canel : Je crois que le dialogue est possible, et je pense que nous pouvons parvenir à certains accords, mais c’est difficile. Pourquoi pouvons-nous dire ces deux choses ? Nous pouvons dialoguer parce que, tout au long des années de la Révolution, Cuba a toujours manifesté la volonté de maintenir une relation civilisée, de bon voisinage, avec les États-Unis, indépendamment de nos différences idéologiques.Il existe de nombreux domaines communs dans lesquels nous pouvons travailler, et non seulement nous pourrions le faire, mais nous pourrions parvenir à des accords bénéfiques pour les deux peuples et les deux nations.
Cependant, nous avons toujours soutenu que ce dialogue doit être respectueux, sur un pied d’égalité, dans le respect de notre souveraineté, de notre système politique, de notre autodétermination et sur la base de la réciprocité et du respect du droit international.
Je dis également que le dialogue est possible parce qu’à différents moments, avec d’autres administrations étasuniennes, nous avons pu dialoguer et aborder des questions d’intérêt commun. Dans certains cas, nous avons eu plus de succès que dans d’autres, mais, ces deux raisons expliquent pourquoi cette possibilité existe.Par ailleurs, quels facteurs rendent ce dialogue difficile ?
En premier lieu, aux États-Unis, au sein de la société étasunienne, certains secteurs s’opposent fermement à tout type de dialogue avec Cuba.De plus, il s’agit d’une relation asymétrique entre Cuba et les États-Unis, dans laquelle la puissance que sont les États-Unis a toujours joué le rôle d’agresseur, tandis que la petite île de Cuba a toujours été la nation agressée.À de nombreuses reprises, nous avons mené des conversations et conclu des accords, et Cuba a toujours respecté ses engagements. Cependant, à plusieurs reprises, le gouvernement des États-Unis n’a pas respecté les siens.Par ailleurs, depuis 67 ans, il existe, de la part des États-Unis, une politique d’hostilité, d’agression et de menaces, une politique de blocus, de blocus intensifié, et désormais encore plus durcie, avec un cruel blocus énergétique.
Il est évident que notre pays subit une agression multidimensionnelle de la part des États-Unis, avec un effet dévastateur sur la vie de la population.D’autre part, il y a les actions actuelles du gouvernement des États-Unis : proposer de soi-disant conversations avec d’autres pays pour les attaquer ensuite. Tout cela, sans aucun doute, génère de la méfiance au sein de notre population.Mais je crois cependant que nous pouvons entamer un dialogue et des négociations et parvenir à des accords. Nous pouvons atteindre des accords sur des questions telles que la migration, la sécurité, l’environnement, la science et l’innovation, le commerce, l’éducation, la culture et le sport.
Nous pouvons également recevoir des investissements d’entreprises étasuniennes à Cuba et développer le commerce entre nos deux pays.Nous pouvons aussi mettre en œuvre des programmes de projets mutuellement bénéfiques dans différentes sphères de notre économie. Si le dialogue se consolide et que des accords sont conclus dans ce domaine, je suis certain qu’il s’agira d’accords mutuellement bénéfiques pour les deux pays et leurs peuples.
Cela nous permettrait d’avancer fermement en vue de créer des espaces de compréhension qui nous éloigneront de la confrontation. Car je crois que les peuples cubain et étasunien méritent de pouvoir travailler dans un climat de paix, d’amitié et de coopération, au lieu d’être plongés dans une guerre.
Newsweek : Vous avez mentionné que cette administration étasunienne a des précédents d’actions militaires menées au cours de négociations.
Nous l’avons vu dans les cas de l’Iran et du Venezuela, et le président Trump a déclaré dans certaines de ses interventions que Cuba pourrait être la prochaine. Si la diplomatie échoue ou n’obtient pas les résultats souhaités, craignez-vous une possible opération militaire étasunienne contre Cuba ? Existe-t-il une stratégie pour s’en défendre ?
Miguel Díaz-Canel : Cuba n’est pas un pays de guerre. C’est un pays de paix qui promeut la solidarité et la coopération. Mais Cuba n’a pas peur de la guerre. Nous disposons d’une doctrine de défense appelée « la guerre de tout le peuple », qui n’est pas une doctrine agressive, mais défensive, impliquant la participation de tout le peuple.Cuba ne représente pas une menace pour les États-Unis, et encore moins une menace « extraordinaire et inhabituelle », comme cela a été affirmé pour justifier l’Ordre exécutif. Et je ne dis pas cela simplement en réponse à votre question, mais parce que Cuba l’a démontré tout au long de son histoire dans le contexte des États-Unis et du monde.Il n’existe donc aucun prétexte ni aucune excuse pour que les États-Unis recourent à l’agression militaire comme solution à nos différends.
Cependant, de manière constante, et particulièrement au cours des derniers mois et des dernières semaines, toute une rhétorique a été développée par un représentant officiel du gouvernement des États-Unis annonçant une agression militaire contre Cuba, fixant des délais quant à la durée de la Révolution cubaine et fixant des dates sur le temps pendant lequel nous résisterons avant qu’ils prennent le contrôle.Il existe une phrase tout à fait exemplaire, extrêmement révélatrice de cette mentalité ultraconservatrice. Lorsqu’ils déclarent : « Nous avons exercé toute la pression possible contre Cuba » – reconnaissant ainsi qu’il a bien existé un blocus brutal, qu’ils nient aujourd’hui – pour ajouter immédiatement : « Par conséquent, la seule option qui nous reste est d’en prendre le contrôle et de la raser ».Il s’agit d’une position totalement belliqueuse et agressive, très éloignée de ce que nous avons proposé dans nos conversations avec les États-Unis.
Nous avons donc la responsabilité de nous préparer à la défense du pays.Ce n’est pas la première fois dans notre histoire ; pendant 67 ans, la possibilité d’une agression, d’une menace militaire, a toujours été présente.C’est pourquoi nous nous préparons à la défense – non pour attaquer, mais pour défendre – afin que cette préparation, cette fermeté et cette disposition du peuple à défendre la Révolution, à défendre notre souveraineté et à défendre notre indépendance contribuent également à éviter la confrontation.
Pour nous, les dirigeants, pour ceux d’entre nous qui exercent des responsabilités de direction au sein de la Révolution, notre engagement est envers le peuple et envers la Révolution cubaine, envers son œuvre, envers la souveraineté et l’indépendance du pays.Par conséquent, cela implique la conviction que nous sommes prêts à donner notre vie pour la Révolution : pour son existence, pour sa souveraineté et pour son indépendance. Notre sécurité personnelle ne nous préoccupe pas.Nous nous efforcerons toujours d’éviter la guerre.
Nous travaillerons toujours pour la paix. Mais si une agression militaire devait se produire, nous répondrons, nous lutterons, nous nous défendrons et, si nous tombons au combat, mourir pour la patrie, c’est vivre.Ce que nous devons faire, c’est préparer le pays afin d’éviter une agression et le préparer à sa défense militaire, car ce qui nous préoccupe est le destin de notre peuple et l’avenir de la nation cubaine.Je peux également affirmer avec une certitude absolue et en toute honnêteté qu’une action militaire contre Cuba, en plus d’être une situation extrêmement embarrassante, entraînerait des pertes immenses pour les deux nations et leurs peuples. Les pertes en vies humaines et les dommages matériels seraient incalculables.
Un acte d’agression de ce type serait extrêmement coûteux à tous points de vue, et ce n’est pas ce que méritent nos peuples.Je réitère que nos peuples méritent la paix, la possibilité de vivre dans un climat d’amitié, de coopérer et de bénéficier d’une pleine liberté pour construire une véritable relation de bon voisinage.Je crois que c’est ce qui est véritablement constructif, et ce qui offre une vision émancipatrice quant à la possibilité de résoudre les différends bilatéraux par le dialogue. : Au vu des méthodes que cette administration a utilisées contre des pays étrangers, ne craignez-vous pas pour votre propre sécurité et votre liberté personnelle, ni les tentatives de trouver des soutiens au sein du gouvernement cubain à ce moment précis ?
Miguel Diaz-Canel : Comme je l’ai dit au début, ma sécurité personnelle ne me préoccupe pas. La direction de l’État cubain, du Parti et de la Révolution est collégiale. Les décisions sont prises collectivement.Nous fonctionnons sur la base d’une unité monolithique, d’une cohésion idéologique et d’une discipline révolutionnaire. Il existe également une relation étroite avec le peuple, ainsi qu’une participation populaire aux décisions concernant les processus fondamentaux qui sont menés.Par conséquent, la sécurité du pays est elle aussi une construction collective dans laquelle il existe un protagoniste fondamental : le peuple, qui agit et veille sur elle. Lorsque cela se produit, la trahison devient extrêmement difficile.
Il est extrêmement difficile pour quiconque de conclure avec succès un accord parallèle qui saperait notre ordre constitutionnel ou menacerait la souveraineté et l’indépendance du pays. Par conséquent, je pense qu’il n’y a pas de place pour cela.Et surtout, compte tenu de la capacité de notre peuple à résister et à lutter, je ne pense pas que les comparaisons avec ce qui s’est produit dans d’autres pays soient appropriées. Ce serait ignorer l’histoire de la Révolution cubaine et l’histoire de notre peuple, ignorer la solidité de nos institutions et ignorer notre propre unité.
Newsweek : Soixante-sept ans après la Révolution, beaucoup de choses ont changé à Cuba, comme nous l’avons déjà évoqué, mais le Parti communiste reste au pouvoir. Face à la situation actuelle du pays, comment évaluez-vous le succès durable de cette idéologie et considérez-vous qu’elle constitue toujours la meilleure garantie pour le bien-être futur du peuple cubain Miguel Diaz-Canel : C’est une question très intéressante, et il est très difficile d’y répondre en peu de temps.Je ressens de la satisfaction et de l’admiration pour le rôle que le Parti communiste de Cuba a joué pendant 67 ans.
Cela ne signifie pas que nous ayons été complaisants, mais que, pendant 67 ans, sous une agression permanente, soumis à des sanctions, à des mesures coercitives, à une politique de pression maximale, à un blocus, à un blocus renforcé et maintenant à un blocus énergétique, ce parti a été capable de diriger, en tant que force dirigeante de notre société, et, avec l’État, le gouvernement et le peuple, de conduire le processus de construction socialiste de notre Révolution.Et, de n’importe quel point de vue, la Révolution cubaine, dans ces conditions et sous la direction de ce parti, a obtenu des avancées extrêmement significatives qui ne peuvent être niées si elles sont évaluées honnêtement, y compris par ceux qui s’opposent à la Révolution et à son idéologie.Un pays dans ces conditions et sous la direction de ce parti a réussi à mener une bataille pour éradiquer l’analphabétisme.
Des décennies plus tard, grâce à une méthode pédagogique cubaine appelée « Yo sí puedo » (Moi, je peux), quatre autres pays d’Amérique latine ont réussi à éradiquer l’analphabétisme. Aujourd’hui, cette méthode est appliquée dans de nombreuses communautés et régions de divers pays du Sud global.Cette Révolution a réussi, dans des conditions de blocus, ce qui est extrêmement difficile, à mettre en œuvre et à maintenir un système de santé universel et gratuit accessible à tous, ce qui a permis de soigner la population cubaine, d’éliminer des maladies qui existaient avant la Révolution, d’améliorer tous les indicateurs de santé et de nous placer au niveau des principales puissances mondiales.Et ce n’est pas tout, nous avons formé un grand nombre de ressources humaines dans le domaine de la santé, ce qui nous a permis d’apporter une assistance fondée sur la solidarité à d’autres pays du monde entier.Nous disposons également d’un système éducatif qui garantit une éducation gratuite et inclusive pour tous, depuis l’école primaire jusqu’à l’université, y compris les études de troisième cycle et de doctorat.Nous avons réussi à développer d’importantes ressources humaines ; nous avons pu promouvoir la science et l’innovation. Les avancées de Cuba dans les industries biotechnologique et pharmaceutique sont bien connues.
Pendant la COVID, nous avons été l’un des rares pays capables de produire nos propres vaccins avec efficacité. Le sport est un droit de toute la population. Nos résultats sportifs, tant olympiques que mondiaux, sont largement reconnus. Malgré sa petite taille, Cuba est l’un des pays ayant le meilleur ratio de médailles olympiques par habitant.La culture est considérée comme un patrimoine de l’Humanité ; elle fait partie de notre identité et l’activité culturelle est accessible à tous.L’infrastructure productive a été transformée dans tous les secteurs de l’économie. Une transformation numérique est encouragée à partir de l’utilisation de l’intelligence artificielle. Nous impulsons également une transition énergétique vers des sources d’énergie renouvelables.Plus de 32 programmes sociaux sont mis en œuvre pour répondre aux situations de vulnérabilité des individus, des familles et des communautés. Les personnes en situation de handicap bénéficient d’une attention différenciée.Nous avons atteint la justice sociale, l’équité et la participation.
Nous avons pu offrir notre solidarité. Nous disposons d’un système de relations internationales qui nous permet de maintenir un large échange avec la communauté internationale.Pour ces raisons, et pour beaucoup d’autres, un sentiment d’admiration pour Cuba s’est développé dans de nombreux secteurs de la population mondiale, ainsi qu’une reconnaissance du travail de ce parti, des réalisations de la Révolution et de l’héroïsme du peuple cubain, qui en a été le principal protagoniste, car les membres du Parti et sa direction font partie du peuple cubain et l’œuvre de la Révolution a été reconnue par ce peuple.
Cela dit, nous ne ressentons aucune complaisance quant à ce qui a été accompli ; en réalité, la satisfaction que j’exprime concernant le travail du Parti au cours de ces années, réalisé dans des conditions difficiles, ne repose pas uniquement sur les réalisations de la Révolution, mais surtout sur le fait d’avoir été capables de maintenir la Révolution vivante dans ces circonstances.Cependant, il est naturel que nous ne puissions pas être pleinement satisfaits, car nous n’avons pas encore pu réaliser tout ce que nous avons rêvé et imaginé pour notre nation.
Il nous reste des choses à conquérir, à perfectionner et dans lesquelles progresser, des domaines dans lesquels le blocus joue un rôle fondamental en nous affectant et en nous freinant.Il est reconnu que nous ne pouvons pas être complaisants face à la situation actuelle, marquée par tant de privations et de difficultés dans la vie quotidienne. C’est là que réside la relation entre satisfaction et complaisance.
D’un côté, je reconnais que nous avons réussi à mettre en œuvre un système de santé universel, gratuit et de haute qualité. Cependant, malgré les capacités dont nous disposons aujourd’hui en matière de soins médicaux et de services, plus de 90 000 Cubains figurent sur une liste d’attente pour des opérations chirurgicales, parmi lesquels plus de 11 000 enfants.Et cela fait souffrir, parce que nous avons la capacité de le faire, mais le blocus nous empêche d’obtenir les fournitures et de disposer de l’énergie nécessaire pour réaliser une opération d’une telle ampleur.
Nous ne sommes pas non plus complaisants face aux erreurs commises ni face aux analyses autocritiques réalisées. Nous ne sommes pas complaisants parce que les révolutionnaires ont toujours une vocation de perfectionnement, de progrès, de consolidation et d’amélioration.Mais je peux résumer en disant que oui, je ressens de la fierté et de la satisfaction, parce que ce parti a résisté à l’épreuve du temps grâce aux réalisations de la Révolution cubaine.Et j’insiste sur le fait que c’est un motif d’immense fierté et de profond respect pour ces personnes héroïques qui affrontent l’adversité chaque jour, et qui non seulement y font face, mais sont à la hauteur des circonstances.
Newsweek : Dans ces conditions adverses, combien de temps pensez-vous que Cuba peut se maintenir de manière réaliste et quel est votre message pour vos opposants, y compris de nombreux Cubano-Américains, qui considèrent qu’il s’agit d’une opportunité pour un changement de régime dans votre pays ?
Díaz-Canel : Il existe beaucoup de manipulation médiatique et beaucoup de pression. Nous faisons face à une guerre idéologique, culturelle et médiatique. Il existe une énorme intoxication médiatique. Beaucoup de haine a été semée, en particulier sur les réseaux numériques.
Cependant, nous continuons à lutter, à rêver et à maintenir notre engagement en faveur de l’amélioration continue de notre processus de construction socialiste, toujours guidés par la recherche de la justice sociale et traversant des moments incessants de transformation enracinés dans l’analyse critique et autocritique menée par notre peuple et nos institutions, sous la direction du Parti.Souvent, ces transformations ne sont pas connues aux États-Unis, ou sont niées, ou ne sont pas rapportées.
Par exemple, en ce moment, nous menons des transformations dans le système de gestion de l’économie afin d’atteindre un équilibre approprié entre centralisation et décentralisation, et un équilibre adéquat entre planification et marché.Nous proposons une restructuration intégrale de l’appareil administratif, entrepreneurial et institutionnel de l’État. Nous proposons une plus grande autonomie pour le système des entreprises d’État. Nous avons approuvé des mesures qui permettent la création d’alliances économiques entre le secteur étatique et le secteur privé.La participation et la croissance du secteur privé dans notre économie ont augmenté de manière significative ces dernières années.Nous renforçons également l’autonomie des municipalités et la création de systèmes productifs locaux capables de stimuler leur prospérité en exploitant leurs capacités.Nous avons actualisé et assoupli les réglementations relatives à l’investissement direct étranger à Cuba. Nous promouvons des mécanismes de financement en devises.
Nous avons ouvert de nouvelles voies pour la participation des Cubains résidant à l’étranger à notre programme de développement socioéconomique.Nous perfectionnons les relations qui doivent exister entre les secteurs étatique et non étatique de l’économie.Nous promouvons une profonde transition énergétique orientée vers les énergies renouvelables. Nous augmentons la production alimentaire dans le pays afin d’atteindre la souveraineté alimentaire, nous améliorons notre système bancaire et financier, toujours avec la volonté de traiter les vulnérabilités et de réduire et atténuer les inégalités sociales existantes, sans renoncer à l’assistance solidaire, à la collaboration et à la coopération avec d’autres pays.Nous sommes engagés dans tout cela ; nous rêvons de tout cela ; et dans tout cela, nous nous efforçons de mettre en œuvre des mesures d’amélioration. Et nous sommes convaincus que nous pouvons y parvenir.
Ce dont nous avons besoin, c’est qu’on nous laisse tranquilles. Je me demande toujours : si les États-Unis pensent que l’économie cubaine est si fragile et que nous sommes si incapables, s’ils pensent que notre modèle est si mauvais, pourquoi, depuis 67 ans, les États-Unis persistent-ils à dépenser des millions de dollars de l’argent des contribuables pour nous bloquer, nous subvertir et nous attaquer ? Si nous sommes si incapables, pourquoi ne nous laissent-ils pas échouer par nous-mêmes ?Ou bien ont-ils si peur de l’exemple de ce que nous pourrions faire et accomplir si nous n’étions pas soumis au blocus, compte tenu de tout ce que nous avons déjà réalisé malgré ce blocus ?Tel est le sentiment dans un pays où plus de 80 % de la population est née après la Révolution. Ma génération est née sous le blocus, nos enfants sont nés sous le blocus, nos petits-enfants sont nés sous le blocus, et nous continuons tous à vivre sous ce blocus.Comment serait Cuba si elle pouvait exploiter tout son potentiel et combien pourrait-elle apporter au reste du monde si ce blocus n’existait pas ?Une brève anecdote, et excusez la longueur de ma réponse.
Toute cette semaine, j’ai participé à un échange avec des scientifiques cubains afin d’aborder des questions spécifiques de science et d’innovation, dans le but de résoudre nos problèmes.Récemment, un groupe de scientifiques a présenté les résultats d’un médicament cubain en développement pour combattre la maladie d’Alzheimer. Une partie de l’essai clinique a été réalisée avec des patients américains d’une clinique du Colorado. Vous pouvez voir la vidéo, qui circule sur les réseaux sociaux, et ce que le directeur de la clinique dit des résultats obtenus chez ses patients avec ce médicament.
Les résultats sont supérieurs à ceux de tous les médicaments traditionnels. Il reconnaît le potentiel de cette innovation développée par Cuba, ainsi que l’importance de promouvoir ce travail de manière plus coopérative et plus large, plutôt que sous les restrictions imposées par le blocus. En fait, il condamne le blocus.C’est le futur sur lequel nous misons, le futur que nous souhaitons et le futur que je suis certain que nous pouvons atteindre.
