Fidel aux dimensions infinies

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Fidel
 
Il a 92 ans aujourd’hui 13 août. « Il a », oui, au présent, car autrement ce serait ignorer son immortalité avérée et nier sa présence constante, cette dimension merveilleuse appelée le cœur du peuple, où il a su renaître, spontanément.
 
Une existence comme la sienne se doit d’être célébrée, même au-delà des barrières corporelles. Partout où il est allé, Fidel a laissé les traces les plus profondes d'espoir et d'humanisme, non pas parce qu'il aspirait par ses actions à une reconnaissance quelconque, mais parce que tout son être s’inscrit dans une unité incorruptible entre la pensée, le discours et les actes.
 
Son existence pourrait s’écrire à travers les paroles de ceux qui l’ont connu, à Cuba comme à l’étranger. Chacun de ceux qui ont eu le privilège de le fréquenter de près, de partager au moins un instant avec lui, a été illuminé à jamais par l'immensité de sa pensée, par son esprit infatigable, par sa foi profonde dans la possibilité d'un monde meilleur.
 
En pénétrant les sentiments de ses compagnons d’armes, de ses amis les plus proches, des disciples de son exemple ou de ceux qui se sont inspirés de son authentique stature, il n'y a qu'un seul résultat final, une fierté incalculable de le savoir Cubain, mais, en même temps, de voir un Fidel dans les dimensions les plus diverses, dans celles qui l'ont rendu universel.
 
L'IMAGE DE L’AVENIR
 
Il a su concentrer dans sa personne des qualités qui l'ont amené à occuper, à un moment historique différent, la même place que notre Héros national José Marti, en tant que leader naturel de la Révolution, non pas qu’il se soit nommé lui-même, mais parce que ceux qui l'ont soutenu dans son désir d'indépendance ont vu en lui l'image de l'avenir. L'une des plus belles preuves en a été donnée par Abel Santamaría, quand il a écrit à sa sœur après l'avoir rencontré : « Yeyé, j'ai rencontré l'homme qui va changer le destin de Cuba. C'est Marti en personne. »
 
Et combien il avait raison le jeune révolutionnaire ! Sa perception précoce de Fidel allait prendre forme plus tard avec le cours de l'Histoire. La noblesse, la capacité de leadership, la mentalité stratégique et le respect infini pour ses compagnons révolutionnaires furent autant de qualités devenues de plus en plus évidentes chez le chef du Mouvement du 26 juillet.
 
C'est ce qu'ont ressenti ceux qui l'ont accompagné de tout cœur dans les montagnes de la Sierra Maestra et dans les temps sans précédent qui allaient suivre, comme devait l’affirmer son frère argentin, le Che, avec toute sa conviction : « […] Si nous sommes ici aujourd'hui et que la Révolution cubaine est là, c'est simplement parce que Fidel est entré le premier à la Moncada, parce qu'il est descendu le premier du Granma, parce qu'il fut le premier dans la Sierra, parce qu'il est allé à Playa Giron dans un char, parce que quand il y a eu une inondation il y est allé et il y a même presque eu une bagarre parce qu’on ne voulait pas le laisser passer [...], parce qu'il a, comme nul autre à Cuba, la qualité d'avoir toutes les autorités morales possibles pour demander un sacrifice au nom de la Révolution. »
 
Ce même frère qui, en quittant Cuba, exprima une profonde affection pour Fidel dans sa lettre d'adieu : « […] Si sous d'autres cieux survient pour moi l'heure décisive, ma dernière pensée sera pour ce peuple et plus particulièrement pour toi. Je te remercie pour tes enseignements et ton exemple, auquel je tenterai de rester fidèle jusqu'aux dernières conséquences de mes actes […] ».
 
Il n'y a pas un seul témoignage de ces autres grands hommes qui ont également fait partie de la Génération du Centenaire, qui se sont tenus aux côtés du disciple martinien le plus expérimenté, qui ne témoigne de respect le plus sincère et de la plus grande admiration. L’inoubliable auteur de La Lupe, le commandant Juan Almeida, était fier de l'avoir suivi, car : « Quand Fidel nous abordait, il ne prêtait aucune attention à la couleur de peau, et cela me touchait particulièrement [...] Pour moi, Fidel est le plus grand homme de ce siècle. Je n'ai jamais entendu parler de quelqu’un ni lu à propos d’une personne les choses que j'ai ressenties et vues chez Fidel, pour ce qu'il a fait pour l'humanité. » (Entretiens avec le commandant Juan Almeida Bosque, d'Estela Bravo).
 
Un autre parmi les bons, de ces jeunes qui décidèrent de changer à jamais l'avenir de leur pays, le commandant Ramiro Valdés, a signalé : « Fidel, en quelques mots, est la vérité de notre temps. Sans aucun chauvinisme, je peux dire que c’est le plus grand homme d'État du siècle dernier et de celui-ci ; il est le plus extraordinaire et universel des patriotes cubains de tous les temps. » (Opinion écrite spécialement pour le livre « Acquitté par l’Histoire », de Luis Baez).
 
UNE SOURCE D’INSPIRATION POUR L’AMÉRIQUE
 
Personne ne doute que le commandant en chef a toujours eu une sensibilité particulière pour la réalité des peuples d'Amérique et du monde. Cela signifie qu'il est aussi devenu une source d'inspiration pour de nouveaux processus progressistes, essentiellement dans notre région, et que des mots tels que « ami », « maître »,
« prophète » ont souvent été utilisés pour désigner sa personnalité. Certains des plus grands dirigeants latino-américains l'ont attesté :
 
« Il a largement accompli sa mission sur cette terre, il l'a accomplie au-delà des attentes les plus élevées. Rares sont les vies ont été aussi complètes, aussi lumineuses. Il part invaincu, il ne part pas. Comme vous dites, il ne nous quitte pas, il reste invaincu parmi nous, acquitté, absolument acquitté par la grande histoire de la Patrie ! » (Nicolas Maduro Moros, Président de la République bolivarienne du Venezuela).
 
« Fidel a été un véritable père des exclus, des marginalisés, des discriminés, des plus pauvres du monde. Fidel nous apprend que la seule voie pour nos peuples est l'unité et l'intégration. Fidel est un véritable bâtisseur de paix et de justice sociale.» (Evo Morales, président de la Bolivie).

Et comment oublier les sentiments de ceux qui, malgré leur absence physique, l'accompagnent aujourd'hui dans l'immortalité, comme le Vénézuélien Hugo Chavez Frias, qui découvrit dans le leader cubain un être exceptionnel, dont il s’était engagé à suivre l'exemple.
 
« Fidel est un grand détecteur de problèmes, comme un mathématicien, un Pythagore. Un Pythagore social, c’est un grand mathématicien social, pour résoudre les problèmes des peuples. De tant et tant de choses que j'admire chez Fidel, de ces 80 années d'immensité, c'est celle que j'admire le plus, et que j'essaie d'imiter. Fidel peut être comme un père, un père au-delà des dimensions humaines, au-delà des formats, et je pourrais penser qu'il me voit comme un fils. »
 
Souvent, l'éternel jeune rebelle que fut Fidel dénonça les attaques contre la démocratie des peuples, l'ingérence de l'empire dans les affaires des autres nations, mais surtout le financement de coups d'État qui ont laissé de profondes blessures dans le cœur de l'Amérique latine.
 
Malheureusement, un président éclairé fut victime de l'un de ces actes terribles, un ami proche de Fidel, Salvador Allende, qui, lors de la visite du chef de la Révolution cubaine au Chili, en 1971, laissa pour l'histoire ses sentiments envers cette Île et l'immense homme devenu un symbole de résistance et de patriotisme pour le monde.
 
« Cuba est une nation liée à l'Histoire de l'Amérique latine, Fidel Castro représente une révolution authentique et nous voulons intensifier les liens d'amitié traditionnels qui ont toujours existé entre nos pays. »
 
TRÉSOR DE LA PATRIE
 
Le rôle joué par le Commandant en chef pour donner leur dignité à des droits tels que l'accès à la culture et à l'éducation est indéniable. Dans la construction de ces prémisses révolutionnaires, il était très proche des artistes et des intellectuels, qui ont donné leur propre définition d'une personnalité si brillante.
 
« Fidel est le trésor de notre patrie, il est le point de coagulation du processus révolutionnaire. Sans Fidel, la Révolution aurait existé, mais nous ignorons quand, et à quoi aurait ressemblé cette Révolution. La Révolution a accéléré ses pas, elle est arrivée dans notre pays plus tôt que dans tout autre pays d'Amérique latine, plus près que dans tout autre pays d'Afrique, plus vite que dans de nombreux pays d'Europe, parce qu'il y avait Fidel, la conscience vigilante de notre peuple, la vigie qui scrutait l’horizon, qui découvrit dans la moindre des possibilités avec Lénine, la perspective révolutionnaire à réaliser et il la réalisa avec énergie, avec détermination, avec un dévouement total. » (Carlos Rafael Rodriguez, 90 Raisons).
 
« Fidel est avant tout un révolutionnaire, un homme qui rejette tout dogme, un homme qui réinterprète continuellement la réalité et qui croit aux capacités de l'Homme, à l'internationalisme, à la vocation rédemptrice de tout révolutionnaire, c'est ce qui le rapproche des meilleures valeurs. » (Eusebio Leal, extrait de Cubadebate).
 
« Fidel est un homme qui mérite le respect pour la transformation qu'il a su concevoir et réaliser. C'est quelqu’un qui a donné à notre pays chaque seconde de son existence. C'est un président étrange qui n'a pas un seul dollar dans une banque étrangère. » (Silvio Rodriguez, tiré du livre Acquitté par l’Histoire).
 
« Il ne relève pas du local. Il fait partie de l'Histoire. Non seulement de notre histoire, mais aussi de l'histoire de l'Humanité. Je pense qu'il est si grand qu'il devient une petite partie, une chose simple. S'il était conscient de sa grandeur, le poids le tuerait. » (Alicia Alonso, extrait du livre Acquitté par l’Histoire).
 
DANS L’HISTOIRE ET LA LÉGENDE
 
Que dire de ceux qui ont eu l'occasion de l'interviewer, d'entendre de sa propre bouche les innombrables anecdotes de sa formation de révolutionnaire. Ceux qui, comme Ignacio Ramonet, ont pu partager cent heures avec Fidel et le découvrir :
 
« […] intime, presque timide, bien élevé, et très courtois, écoutant attentivement chaque interlocuteur, et qui parle simplement, sans affectation […] Jamais je ne l’ai entendu donner un ordre. Mais il exerce une autorité absolue dans son environnement. En raison de sa personnalité écrasante. »
 
« Peu d’hommes ont connu la gloire d’entrer de leur vivant dans l’histoire et la légende. Fidel Castro est l’un d’entre eux. »
Un autre aspect très spécial de sa vie était son respect pour les femmes, auxquelles il a toujours accordé une place privilégiée dans les idéaux d'équité et de justice sociale qu'il a avancées. Il a reconnu que sans la participation des femmes, la consolidation du processus révolutionnaire serait impossible. Vilma Espin, compagne dans la lutte non seulement avant mais aussi après la victoire, l’inoubliable présidente de la Fédération des femmes cubaines, a su définir ce que le commandant représentait pour les gens nés sur cette Île.
 
« Nous aimons beaucoup Fidel, et il aime et estime les femmes dans toute leur valeur, il nous fait confiance, il nous pousse à monter au sommet de la vie de notre pays, à conquérir la grande revendication historique de l'égalité entre les hommes et les femmes ; il nous encourage à chercher les moyens pour parvenir à l'identité entre la théorie et la pratique sociale, entre l'égalité proclamée par nos lois et principes révolutionnaires et la réalité quotidienne et il contribue par la conviction de ses idées à ce que notre société tout entière comprenne progressivement la nécessité de lutter pour le plein exercice de l'égalité des femmes. » (Extrait du livre Acquitté par l’Histoire).
 
UN HOMME AUX ILLUSIONS INSATIABLES
 
Quiconque pourrait penser que seule la bataille constante amorcée à la Moncada dota Fidel de l'amitié éternelle et inaltérable de grands êtres humains. Cependant, son propre parcours à travers ce monde l'a mis en contact avec des personnalités de premier plan de sphères sociales les plus diverses qui l'admiraient et partageaient avec lui des sentiments affectueux. L'un de ces grands amis était, sans aucun doute, Gabriel Garcia Marquez, dont la définition du leader cubain est aussi exceptionnelle que la prose qui a fait de lui l'un des écrivains les plus reconnus de tous les temps.
 
« […] un homme aux coutumes austères et aux illusions insatiables, avec une éducation formelle à l’ancienne, aux paroles prudentes et aux manières fines et incapable de concevoir une idée qui ne soit pas démesurée. »
 
Ce génie de l'architecture que fut Oscar Niemeyer, lors d’un entretien avec Luis Baez, affirma : « J'ai une grande admiration pour Fidel. Je me solidarise avec lui dans cette lutte qu'il a su commencer et qu'il finira sûrement victorieusement. L'après-midi, je reçois mes amis pour bavarder et nous parlons parfois de philosophie. Mais quand ils font référence à Platon, je pense à Fidel Castro. »
 
Ou notre humble triple champion olympique Teofilo Stevenson, pour qui Fidel éprouva toujours une affection toute particulière qui était réciproque chez ce grand boxeur : « Ils m'ont offert des millions de dollars pour me lancer dans le professionnalisme, mais je n'échangerais pas mon petit morceau de Cuba ni Fidel contre tout l'or du monde. »
 
Ces derniers jours, le monde a rendu hommage à une autre figure indiscutable de l'histoire des luttes émancipatrices de l'Humanité, symbole de la confrontation avec l'apartheid sur le continent africain, Nelson Mandela. Un autre frère de la Révolution cubaine, un autre compagnon de Fidel dans cette lutte qui brise les frontières d'un pays pour se concentrer sur le plus grand bien, celui de toute l'Humanité. Mandela a également parlé de l'éternel assaillant de l'Histoire : « Nous avons passé près de 30 ans en prison, et ce temps nous a semblé extraordinairement court parce que nous savions que nous avions de bons amis dans presque toutes les parties du monde, et l'un de ces amis, qui a été très convaincant et dont la voix a été très claire, était le camarade Fidel Castro. Nous n'avons jamais douté que nous avions en lui et en Cuba un ami en qui nous pouvions avoir confiance. »
 
Les interprétations qui, depuis l'amour, le respect et l'admiration ont été faites de cette vie unique et indispensable pour comprendre l'Histoire de Cuba et le monde, comme le fut celle de Fidel, sont innombrables. Depuis les plus importantes personnalités aux plus humbles des êtres humains qui croient en « l’amélioration de l’humanité et à l'utilité de la vertu », croient aussi certainement en lui.
 
À l’occasion du 92e anniversaire de sa naissance, c'est une source de fierté de revisiter chaque moment où il nous a montré, par son exemple personnel d'abord, que rien n'est impossible quand un peuple uni et infatigable croit à ses rêves. Avant, par sa présence physique, et maintenant par la présence intangible mais plus réelle que jamais de ses idées, il nous revient de continuer à interpréter les défis d'aujourd'hui et de demain.
 
Son héritage est en sécurité avec nous. Aujourd’hui et à chacun de ses anniversaires, la pensée de la continuité, qui a toujours été le seul prix auquel il aspirait, l'emportera.
 
« […] pensons à Fidel, à ses idées, à son imposant héritage, fécond et indispensable, comme un moyen de nourrir ce sentiment authentique de perpétuer à jamais sa présence parmi nous. »
 
« Que chaque fibre de notre filiation révolutionnaire vibre lorsque nous proclamons : Je suis Fidel ! » (Miguel Diaz-Canel Bermudez, président de la République de Cuba).
 
*Publié dans le journal Granma, le 13 août 2018 / Granma

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