/   ISSN 1607-6389
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Préserver les acquis du sport

uniformecuba.jpgQuelques chiffres sur le sport révolutionnaire cubain. Les données sont on ne peut plus éloquentes. Cuba est le 106e pays du monde de par sa superficie. Sur le continent américain, l’Île occupe le 18e rang.

Avec un peu plus de 11 millions d’habitants, elle occupe la 82e place mondiale, la 12e en Amérique et la 5e dans la région Amérique centrale et les Caraïbes.

Cuba est également loin du groupe de tête sur la liste des pays les plus riches. Et dans le classement négatif des peuples soumis à un blocus et qu’on a essayé de faire plier par la faim et les pénuries, nous occupons la première place ou un podium.

DES CONTRASTES SINGULIERS

Notre île occupe une première place incontestée au tableau des médailles en Amérique centrale et dans les Caraïbes. Parmi les pays ibéro-américains également. Elle est 2e sur le continent et figure parmi les 10 meilleurs de la planète !

Parfois, avec l'habitude, nous perdons de vue la dimension universelle que la Révolution victorieuse de 1959 a donnée au sport cubain.

Cuba a aussi contribué à étendre le sport à tous les confins. Outre son exemple motivant, elle n’a pas hésité à envoyer des entraîneurs et d’autres spécialistes dans de nombreux pays. Elle a fondé une école qui assure la formation gratuite d’entraîneurs venus des quatre coins du monde.

La prospérité sportive des pays économiquement avantagés ne saurait nous surprendre. Pas plus que les performances sportives d’athlètes issus d’ethnies vivant sur de hauts plateaux ou en altitude, qui se distinguent par leur morphologie particulière. Des nations qui, en toute logique, nous mettent la pression et visent une place sur le tableau des médailles. Et parviennent à nous battre.

L’important, c’est de concourir avec honneur. Ne jamais se résigner à une performance en deçà des attentes à cause d’un travail superficiel ou par manque de combativité.

Le mouvement sportif cubain a fourni une belle prestation au cours du dernier cycle olympique.

Aux Jeux d’Amérique centrale et des Caraïbes, Veracruz 2014, le sport mexicain est parvenu à s’imposer dans son propre fief, et nous ne sommes pas parvenus à conserver la deuxième place.

Aux Panaméricains de Toronto 2015 et aux Jeux olympiques de Rio de Janeiro 2016, notre sport a livré une performance en dessous des attentes.

Dans l’actuel cycle olympique, la Colombie prépare les Jeux centraméricains et de la Caraïbe qui se tiendront à Barranquilla en 2018, dans l’objectif non seulement de battre le Mexique, mais Cuba également au classement des médailles.

Elle en a le potentiel. Les rêves peuvent parfois se réaliser et rêver ne coûte rien.

UN SIÈCLE NE SUFFIT PAS POUR ÉGALER CUBA

Or, Cuba visera une nouvelle victoire. L’objectif est le même, malgré l’avance dont elle bénéficie au classement des médailles. Aux Jeux d’Amérique centrale et de la Caraïbe, elle totalise 514 médailles d’or de plus que le Mexique (1 749 contre 1 235), malgré trois absences et le fait de n’avoir organisé les Jeux deux fois, contre quatre les Mexicains.

À supposer que dorénavant le Mexique s’impose 20 médailles à zéro, il lui faudrait 26 éditions pour rejoindre Cuba. Ce pays devrait attendre plus d’un siècle avant de régner sur le sport régional. Et rappelons qu’il compte 123 millions d’habitants.

La Colombie et ses 49 millions d’habitants devraient patienter encore plus longtemps avec ses 453 médailles d’or. Et avant de dépasser les

561 titres du Venezuela, qui occupe la troisième place.

Aux Jeux panaméricains, la deuxième place historique semble nous être réservée encore pour de longues années. Les États-Unis, une puissance sportive majeure, mènent la danse devant Cuba, qui accumule 876 médailles d’or, le Canada (455), le Brésil (329) et l’Argentine (295). On recense 36 millions de Canadiens, 207 millions de Brésiliens, et près de 44 millions d’Argentins.

UNE PLACE DE CHOIX DANS L’UNIVERS OLYMPIQUE

Cuba occupe une place privilégiée au tableau des médailles des Jeux olympiques d'été : 18e parmi 200 pays. Il convient néanmoins de ne pas oublier ici la très faible participation cubaine avant 1959.

Durant l’étape révolutionnaire, notre pays s’est hissé à la 15e place, sans oublier les absences de 1984 et 1988, pour des motifs de solidarité internationaliste.

On pourrait aussi évaluer Cuba dans son étape olympique la plus spectaculaire, de 1992 à nos jours, et ce malgré l’apparition du professionnalisme.

Une autre raison pourrait expliquer l’augmentation du niveau qualitatif. Avant, par exemple, trois sportifs représentaient l’ancienne Union soviétique dans un sport donné. Cela pouvait être un Russe, un Kazakh ou un Letton. Par la suite, ils étaient et sont à présent au nombre de trois Russes, trois Kazakhs, trois Ukrainiens, trois Biélorusses, trois, trois…

La commercialisation et le vol de talents se sont accélérés. Jamais le sport n'a brassé autant d’argent dans un contexte marqué par la corruption et le dopage.

Les bourses d’État ont fait leur apparition. Le soutien gouvernemental et des entreprises a augmenté de manière exponentielle en raison des dividendes enregistrés par le sport dans les promotions politiques ou commerciales. Ou les deux.

Durant sa période économique la plus difficile, Cuba n’a pas cessé d’aider et d’offrir de l’assistance technique aux pays ayant adressé une demande dans ce sens, tout en sachant que beaucoup des sportifs encadrés deviendraient de futurs adversaires. Les exemples sont légion.

10e AVEC 56 CHAMPIONS

Les quinze dernières années ont été particulièrement fécondes. Rien moins que 56 champions olympiques.

Même les pays les plus riches ne peuvent témoigner que du respect pour le sport cubain.

Ils sont seulement neuf à faire mieux : 1. États-Unis 283, 2. Chine 207, 3. Russie 151, 4. Allemagne 124, 5. Royaume-Uni,101, 6. Australie 78, 7. France 75, 8. Corée du Sud 71 et 9. Italie 66.

On peut s’imaginer combien de pays aimeraient faire partie de ce groupe sélect. Certains sont avantagés par l’achat de stars, à coups de naturalisation, entre autres.

Le Japon est notre plus proche poursuivant, avec 55 titres, et il ne devrait pas avoir de mal à nous dépasser. La réputation du Japon n’est plus à faire. Il y a aussi en perspective les Jeux Olympiques de 2020, une épreuve sportive qui constituera une vitrine rêvée pour affirmer au monde sa puissance. Rappelons qu’entre Londres et Rio, ce pays a décroché 79 médailles, dont 19 d’or.

La Hongrie compte 53 titres avec les 16 conquis aux deux dernières éditions. Les autres sont plus éloignés de Cuba. Les Pays-Bas affichent 43 premières places, et la Nouvelle Zélande occupe la 20e place avec 21 médailles d’or.

DANS LE GROUPE DE TÊTE POUR LE TOTAL DE MÉDAILLES

Le nombre total de médailles est, selon les spécialistes, un outil de mesure plus intégral, car avec des figures isolées, y compris dans une seule discipline, un pays ayant obtenu à peine une médaille d’or peut terminer mieux classé que d’autres ayant obtenu plusieurs médailles d’argent et de bronze.

Dans ce domaine, Cuba brille également en comptant trois fois plus de médailles de bronze que de médailles d’or. La Grande Île de la Caraïbe accumule 164 médailles toutes couleurs confondues, y compris les dernières de Misleidys Gonzalez, l’argent au lancer du poids, et les médailles de bronze de Yordanis Borrero (en haltérophilie dans la catégorie de 69 kg), Jadiel Valladares (85 kg) et Yoandris Hernández (94 kg), tous victimes d’adversaires contrôlés positifs.

Au classement général des Jeux de Rio 2016, Cuba a été reléguée à la 11e place par le Japon, qui s’est hissé au 9e rang, devant la Corée du Sud.

On peut constater une légère alternance entre les puissances sportives, quel que soit le système de classement utilisé.

Ceci dit, loin de nous l’idée de vouloir justifier la performance plutôt moyenne de la délégation sportive cubaine à Rio ou à Toronto. Il n’y a aucune excuse à trouver.

En sa qualité de principal organe sportif du pays, l’Institut national des sports, de l’éducation physique et des loisirs (INDER) est le premier à être conscient de cette question.

Il ressort de l’évaluation de haut rendement sur la dernière période quadriennale que seuls quatre sports (sur 35) ont mérité la qualification de « bien ». Concernant le nombre de médaillés olympiques, seule la boxe a reçu cette qualification, la lutte et le judo ont reçu la note de « moyen » et l’athlétisme de « mauvais ».

UNE ŒUVRE SPORTIVE INESTIMABLE

Seulement 110 sportifs cubains avaient participé à des jeux olympiques avant 1959. Dont une seule femme.

Ce qui contraste avec les 1 821 – 497 femmes – médaillés à ces rendez-vous au sommet. Gagner une médaille aux Jeux Olympiques étant le rêve de tout sportif.

Durant cette étape, on compte un total de 12 médailles (cinq d’or). De Rome 1960 à nos jours, Cuba a remporté 210 médailles (73 d’or). Les différences sont énormes. Nous devons être éternellement reconnaissants envers l’œuvre de la Révolution, et en particulier à Fidel, son guide.

Et nous nous devons de suivre l’héritage du commandant en chef, qui a transformé le sport en un droit des masses, qui trouva le temps de pratiquer au milieu de ses tâches à la tête du pays, et qui vibra, comme tous, à chacune des victoires et consacra de nombreuses analyses aux défaites.

Fidel consacra des heures à échanger ses impressions avec nos sportifs, à les enrichir et à s’enrichir de connaissances et de convictions. Il allait même les attendre au pied de l’escalier de l’avion pour leur serrer la main après leur bonne prestation.

Il joua un rôle indiscutable dans l’essor du mouvement sportif cubain. Nul ne pourra nier sa dévotion et son dévouement pour le sport et pour les sportifs. C’est pourquoi ils sont si nombreux à faire vivre son souvenir, à l’admirer et à le remercier.

Mais il nous faut préserver à tout prix cet héritage, tout ce qu’il a fait pour le sport, comme un hommage que lui doit le mouvement sportif cubain.

* Le meilleur hommage que nous puissions rendre à notre collègue Enrique Montesinos, décédé le 16 mai, est précisément celui qu’il avait tenu à rendre dans son dernier article à ce qui fut sa vie, le sport révolutionnaire cubain. /Granma


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