/   ISSN 1607-6389
LATEST_UPDATE_ON Jeu, 20 Juil 2017 - 10:21

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Gymnastique: Manrique Larduet, une vraie machine

manriquerio2016.jpgAux Jeux d’Amérique centrale et des Caraïbes de Veracruz, au Mexique, Manrique a remporté deux médailles d’or et cinq autres médailles, une récolte qu’il peut encore améliorer à Barranquilla 2018 (Colombie).

Du haut de ses 19 ans, Manque Larduet est conscient du travail qu’il lui reste à accomplir pour progresser et être au sommet de l’élite mondiale. Certains dans son entourage l’appellent « la machine » – c’est le surnom qu’il a lui-même donné à son équipe de travail sur les réseaux sociaux.

« Depuis que j’avais neuf ans, j’assistais aux entraînements des athlètes les plus expérimentés, et c’est à ce moment-là que je me suis dit qu’il fallait fonctionner comme une machine. Aujourd’hui, nous, c’est-à-dire le groupe qui a redonné espoir à la gymnastique cubaine, fonctionne un peu comme une machine de guerre », affirme ce Santiagais assis près d’une des fenêtres de l’École nationale de gymnastique, qu’il fréquente depuis une dizaine d’années.

Manrique a pris le temps sur son programme d’entraînement pour nous accorder une interview sur ses objectifs pour cette saison 2017, notamment pour sa première compétition internationale, prévue dans neuf mois.

Il a également parlé de l’avenir, ses projets et ses défis, mais il a aussi replongé dans le passé pour évoquer sa place sur le podium aux Jeux olympiques de Rio de Janeiro.

« Ce sont des moments inoubliables. Je m’étais blessé lors d’une série d’exercices au sol, mais je n’ai rien dit au professeur Carlos Gil. Ce n’est que lorsque la douleur a commencé à être difficilement supportable, au cheval d’arçons, que je lui ai confié mes craintes », se souvient Manrique.

« C’était une rupture du tendon d’Achille de la jambe gauche. Je ne voulais pas y croire, mais ce contretemps m’a empêché de réaliser mon rêve. J’étais prêt à décrocher une médaille de n’importe quelle couleur, même si notre équipe était un peu à court d’entraînement aux exercices au sol, au saut et aux anneaux. Je n’ai presque rien pu voir à Rio, à part le Village olympique. Mes camarades m’apportaient le petit déjeuner au lit et me portaient afin que je puisse assister aux entraînements. C’est une expérience que je ne souhaite à personne », souligne le jeune gymnaste qui préfère garder les bons souvenirs.

« Je dois dire que les gymnastes des autres pays m’ont beaucoup encouragé et soutenu. Je me souviens que certains m’ont même conseillé de déclarer forfait, afin de ne pas prendre de risques inutiles susceptibles de mettre ma carrière en danger. Mais j’ai quand même décidé de tenter ma chance, les Jeux olympiques n’ayant lieu que tous les quatre ans. Cette adversité m’a fait grandir, m’a rendu encore plus fort », souligne Larduet.

ENTRE COUP D’ARRÊT ET CONTINUITÉ

Après les Jeux olympiques, Manrique Larduet fut contraint de se déplacer avec des béquilles pendant deux semaines. Ce jeune homme hyperactif dut faire preuve de beaucoup de patience et de persévérance avant de pouvoir reprendre les entraînements.

Il a appris à gérer au mieux cette période de blessure et de récupération, en mettant la même énergie dans sa rééducation que celle qu’il mettait pour s’entraîner. « Aujourd’hui, je me sens détendu, exempt de tout stress et serein. L’entraînement se passe très bien et j’ai retrouvé ma mobilité en toute confiance », dit-il.

Et d’enchaîner : « Bien entendu, l’entraînement est une chose et la compétition en présence des juges, en est une autre. Nous n’avons eu aucune compétition cette saison. C’est dans ces conditions que nous irons au tournoi de qualification d’Amérique centrale et des Caraïbes, prévu au mois de juin au Guatemala, auquel la plupart de nos gymnastes iront sans rodage international », précise-t-il, visiblement impatient de reprendre la compétition.

« Bien sûr, je veux concourir, mais sans prendre de risques. Au Guatemala, par exemple, je prendrai part aux exercices au sol, une épreuve pour laquelle je prépare une performance d’un degré de complexité plus élevé, que j’espère aussi montrer aux Championnats du monde de Montréal, au mois de septembre. C’est une des épreuves à laquelle j’espère obtenir des médailles durant l’actuel cycle olympique », assure, visiblement confiant, le seul gymnaste cubain susceptible de gagner des médailles à n’importe quelle grande échéance.

Aux Jeux d’Amérique centrale et des Caraïbes de Veracruz, au Mexique, Manrique a remporté deux médailles d’or et cinq autres médailles, une récolte qu’il peut encore améliorer à Barranquilla 2018 (Colombie), même s’il lui faudra en découdre avec un rival de taille comme le local Josimar Calvo. « Je suis davantage concentré sur mes objectifs à court terme, et j’ai un entraîneur qui sait ce qu’il faut faire pour tirer le maximum de ses protégés. Nous sommes un groupe solide, soudé et solidaire, ce qui est important. Je sais que je ne peux pas pécher par excès de confiance, mais trois ou quatre médailles d’or en Colombie ne relèvent pas de l’impossible ».

Tels sont les propos de ce jeune homme considéré comme un « monstre » de la gymnastique, qui a déjà goûté à la gloire et veut aller encore plus loin. « Avec le temps, j’ai pu reprendre les entraînements et mon corps fonctionne une nouvelle fois comme une machine bien huilée. Mais je dois continuer à travailler dur. Une carrière, c’est comme une course de marathon. Il y a des hauts et des bas, mais il faut toujours s’améliorer, rester concentré et ne jamais se contenter de l’acquis », conclut-il. /Granma


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