/   ISSN 1607-6389
LATEST_UPDATE_ON Mar, 25 Avr 2017 - 13:36

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Manipulations US sur la question migratoire cubaine: Du paradoxe à l'anachronisme

(Première partie)

La question migratoire est probablement la plus ancienne dans l'évolution du différend qui oppose les États-Unis et Cuba depuis 1959. Depuis le 1er janvier de cette année-là, le gouvernement nord-américain n’a cessé d’utiliser l'émigration cubaine comme un instrument de sa politique d'hostilité, afin de promouvoir la déstabilisation interne et discréditer le processus révolutionnaire cubain.

Les États-Unis ont inclus le traitement de la question migratoire avec Cuba dans le schéma de la Guerre froide, suivant le modèle décrit comme « l'effet cocotte-minute ». Un modèle qui s'est appliqué à travers une politique d'immigration de type « portes ouvertes », démarrée le 1er janvier 1959 par l'accueil sans restriction d'émigrés qui furent complices du régime du dictateur Batista et subordonnés aux intérêts étasuniens à Cuba. Cette politique fut renforcée au cours des années par des lois et des dispositions qui permettaient d'accueillir, quasi automatiquement, les personnes d'origine cubaine arrivées sur le territoire étasunien par des voies illégales.

Depuis lors, le processus migratoire Cuba-États-Unis et la question des immigrants cubains sont devenus un des outils de la politique nord-américaine, qui s'est appuyée sur la composition sociale de ces premiers émigrés et leurs principales motivations.

Les réglementations juridiques qui sous-tendent cette politique se basent fondamentalement sur la Loi pour ajuster le statut des réfugiés cubains à celui de résidents permanents légaux aux États-Unis, et à d'autres fins : Loi publique 89-732 (HR.15183), connue sous le nom de Loi d'ajustement cubain, du 2 novembre 1966, toujours en vigueur, et qui fut complétée au fil des années par d'autres lois, décisions exécutives, dispositions administratives et juridiques.

Par ailleurs, en 1996 fut adoptée une nouvelle loi : la Loi de liberté et de solidarité démocratique cubaine (Loi publique 1004-114) ou Loi Helms Burton, qui comportait des mesures renforçant le blocus et donnait force de loi aux conditions posées pour un prétendu changement de système économique et politique à Cuba, qui serait une « transition vers un gouvernement démocratique ». Cette même année, la Loi de Réforme de l'immigration illégale et de la Responsabilité de l'immigrant (Loi publique 104-208), prévoyait que la révocation de la Loi d'Ajustement cubain serait conditionnée à l'établissement d'un gouvernement « élu démocratiquement », comme l'indiquait la Loi Helms-Burton.

Cette politique a compté sur le soutien et l'incitation des responsables d'organisations contre-révolutionnaires d'origine cubaine aux États-Unis, qui ont accès au pouvoir économique et médiatique des secteurs extrémistes, afin de faire pression en faveur des positions les plus agressives de la politique envers Cuba, y compris contre les intérêts des immigrés cubains qu'ils sont censés représenter et ceux d'autres secteurs de la société étasunienne, favorables à la normalisation des relations.

Dans son ensemble, ce modèle d’« effet cocotte-minute » comporte des aspects juridiques, économiques, socio-psychologiques, et médiatiques. Les réglementations migratoires étasuniennes, qui tolèrent et stimulent l'immigration illégale, se combinent avec l'obstruction de l'immigration légale et ordonnée, à travers la manipulation politique de l’octroi de visa aux Cubains qui souhaitent émigrer légalement. Ceci est associé à un renforcement systématique du blocus économique et commercial visant à provoquer l'asphyxie économique du pays, la lassitude de la population et l'érosion de sa confiance dans la Révolution.

Par ailleurs, cette politique est relayée par la grande presse à travers des articles censés attiser le mécontentement et provoquer des désordres sociaux, qui devraient favoriser lesdits exodes massifs, considérés comme une menace à la sécurité nationale des États-Unis.

L'interruption du flux migratoire bilatéral est devenue un phénomène cyclique. Il démarra avec l'interdiction par le gouvernement étasunien des voyages de ses citoyens à Cuba au début des années 60, et avec la manipulation de l’octroi de visa aux Cubains. Cette politique entraîna des situations de crise migratoire en 1965 (Camarioca), 1980 (Mariel) et 1994 (la dénommée

« Crise des balseros » : départs des Cubains sur des embarcations de fortune.) Comme conséquence de cette politique, vers la fin du XXe siècle, parallèlement au problème de l'immigration irrégulière, vint se greffer le trafic illégal de personnes, ce qui allait compliquer la relation migratoire entre les deux pays.

L'immigration irrégulière vers les États-Unis comprend en outre, depuis 1959, deux aspects peu signalés du point de vue migratoire : les tentatives d'émigration à travers la violation de la frontière de la Base navale illégale de Guantanamo, et à travers des actions violentes de piraterie aérienne et navale, avec passagers à bord, qui mettent en danger aussi bien la vie des émigrants que celles de personnes innocentes.

Les États-Unis tentent de rejeter la responsabilité de ce problème sur Cuba, en dissimulant le rôle de leur politique migratoire, de Loi d'ajustement et de la politique de « pieds secs/pieds mouillés » – tout Cubain qui pose le pied sur le sol étasunien est accueilli comme réfugié politique et bénéficie de nombreux avantages –, comme les véritables obstacles à la normalisation du flux migratoire entre les deux pays.

Dès sa mise en place, la Loi d'Ajustement a empêché tout progrès dans le processus du dialogue établi pour réglementer l'immigration de façon ordonnée, régulière et sûre. De plus, elle représente un paradoxe juridique et un anachronisme politique, si l'on considère l'état du débat sur l'immigration aux États-Unis.

L'analyse de la scène politique de ce pays met en évidence que la Loi d'Ajustement cubain va à contre-courant des principaux problèmes migratoires qui mobilisent l'opinion publique et les organisations sociales et politiques depuis les événements du 11 septembre 2001. En effet, la question de la sécurité des frontières a été une priorité de la réorganisation du système de sécurité intérieure de ce pays, ainsi que la réforme de la législation migratoire afin de trouver une solution à l'immigration illégale, dont on estime qu'elle pourrait être supérieure aux flux d'immigrants légaux.

Alors que le débat autour de la réforme migratoire traîne au niveau fédéral, depuis 2008, les États de l'Union ont approuvé plus de 200 lois destinées à décourager l'immigration illégale, par des mesures contre l'emploi des sans-papiers et la restriction de leur droit aux aides sociales.

Les grands médias qui défendent les intérêts étasuniens présentent l'image de Cubains fuyant précipitamment leur pays pour des raisons politiques. C'est ainsi que depuis le début du triomphe de la Révolution, parmi les axes de campagne médiatique et politique contre Cuba, le principal message sur la question migratoire a été que l'émigration est un problème cubain, en escamotant les causes réelles qui la produisent.

(Première partie)

La question migratoire est probablement la plus ancienne dans l'évolution du différend qui oppose les États-Unis et Cuba depuis 1959. Depuis le 1er janvier de cette année-là, le gouvernement nord-américain n’a cessé d’utiliser l'émigration cubaine comme un instrument de sa politique d'hostilité, afin de promouvoir la déstabilisation interne et discréditer le processus révolutionnaire cubain.

Les États-Unis ont inclus le traitement de la question migratoire avec Cuba dans le schéma de la Guerre froide, suivant le modèle décrit comme « l'effet cocotte-minute ». Un modèle qui s'est appliqué à travers une politique d'immigration de type « portes ouvertes », démarrée le 1er janvier 1959 par l'accueil sans restriction d'émigrés qui furent complices du régime du dictateur Batista et subordonnés aux intérêts étasuniens à Cuba. Cette politique fut renforcée au cours des années par des lois et des dispositions qui permettaient d'accueillir, quasi automatiquement, les personnes d'origine cubaine arrivées sur le territoire étasunien par des voies illégales.

Depuis lors, le processus migratoire Cuba-États-Unis et la question des immigrants cubains sont devenus un des outils de la politique nord-américaine, qui s'est appuyée sur la composition sociale de ces premiers émigrés et leurs principales motivations.

Les réglementations juridiques qui sous-tendent cette politique se basent fondamentalement sur la Loi pour ajuster le statut des réfugiés cubains à celui de résidents permanents légaux aux États-Unis, et à d'autres fins : Loi publique 89-732 (HR.15183), connue sous le nom de Loi d'ajustement cubain, du 2 novembre 1966, toujours en vigueur, et qui fut complétée au fil des années par d'autres lois, décisions exécutives, dispositions administratives et juridiques.

Par ailleurs, en 1996 fut adoptée une nouvelle loi : la Loi de liberté et de solidarité démocratique cubaine (Loi publique 1004-114) ou Loi Helms Burton, qui comportait des mesures renforçant le blocus et donnait force de loi aux conditions posées pour un prétendu changement de système économique et politique à Cuba, qui serait une « transition vers un gouvernement démocratique ». Cette même année, la Loi de Réforme de l'immigration illégale et de la Responsabilité de l'immigrant (Loi publique 104-208), prévoyait que la révocation de la Loi d'Ajustement cubain serait conditionnée à l'établissement d'un gouvernement « élu démocratiquement », comme l'indiquait la Loi Helms-Burton.

Cette politique a compté sur le soutien et l'incitation des responsables d'organisations contre-révolutionnaires d'origine cubaine aux États-Unis, qui ont accès au pouvoir économique et médiatique des secteurs extrémistes, afin de faire pression en faveur des positions les plus agressives de la politique envers Cuba, y compris contre les intérêts des immigrés cubains qu'ils sont censés représenter et ceux d'autres secteurs de la société étasunienne, favorables à la normalisation des relations.

Dans son ensemble, ce modèle d’« effet cocotte-minute » comporte des aspects juridiques, économiques, socio-psychologiques, et médiatiques. Les réglementations migratoires étasuniennes, qui tolèrent et stimulent l'immigration illégale, se combinent avec l'obstruction de l'immigration légale et ordonnée, à travers la manipulation politique de l’octroi de visa aux Cubains qui souhaitent émigrer légalement. Ceci est associé à un renforcement systématique du blocus économique et commercial visant à provoquer l'asphyxie économique du pays, la lassitude de la population et l'érosion de sa confiance dans la Révolution.

Par ailleurs, cette politique est relayée par la grande presse à travers des articles censés attiser le mécontentement et provoquer des désordres sociaux, qui devraient favoriser lesdits exodes massifs, considérés comme une menace à la sécurité nationale des États-Unis.

L'interruption du flux migratoire bilatéral est devenue un phénomène cyclique. Il démarra avec l'interdiction par le gouvernement étasunien des voyages de ses citoyens à Cuba au début des années 60, et avec la manipulation de l’octroi de visa aux Cubains. Cette politique entraîna des situations de crise migratoire en 1965 (Camarioca), 1980 (Mariel) et 1994 (la dénommée

« Crise des balseros » : départs des Cubains sur des embarcations de fortune.) Comme conséquence de cette politique, vers la fin du XXe siècle, parallèlement au problème de l'immigration irrégulière, vint se greffer le trafic illégal de personnes, ce qui allait compliquer la relation migratoire entre les deux pays.

L'immigration irrégulière vers les États-Unis comprend en outre, depuis 1959, deux aspects peu signalés du point de vue migratoire : les tentatives d'émigration à travers la violation de la frontière de la Base navale illégale de Guantanamo, et à travers des actions violentes de piraterie aérienne et navale, avec passagers à bord, qui mettent en danger aussi bien la vie des émigrants que celles de personnes innocentes.

Les États-Unis tentent de rejeter la responsabilité de ce problème sur Cuba, en dissimulant le rôle de leur politique migratoire, de Loi d'ajustement et de la politique de « pieds secs/pieds mouillés » – tout Cubain qui pose le pied sur le sol étasunien est accueilli comme réfugié politique et bénéficie de nombreux avantages –, comme les véritables obstacles à la normalisation du flux migratoire entre les deux pays.

Dès sa mise en place, la Loi d'Ajustement a empêché tout progrès dans le processus du dialogue établi pour réglementer l'immigration de façon ordonnée, régulière et sûre. De plus, elle représente un paradoxe juridique et un anachronisme politique, si l'on considère l'état du débat sur l'immigration aux États-Unis.

L'analyse de la scène politique de ce pays met en évidence que la Loi d'Ajustement cubain va à contre-courant des principaux problèmes migratoires qui mobilisent l'opinion publique et les organisations sociales et politiques depuis les événements du 11 septembre 2001. En effet, la question de la sécurité des frontières a été une priorité de la réorganisation du système de sécurité intérieure de ce pays, ainsi que la réforme de la législation migratoire afin de trouver une solution à l'immigration illégale, dont on estime qu'elle pourrait être supérieure aux flux d'immigrants légaux.

Alors que le débat autour de la réforme migratoire traîne au niveau fédéral, depuis 2008, les États de l'Union ont approuvé plus de 200 lois destinées à décourager l'immigration illégale, par des mesures contre l'emploi des sans-papiers et la restriction de leur droit aux aides sociales.

Les grands médias qui défendent les intérêts étasuniens présentent l'image de Cubains fuyant précipitamment leur pays pour des raisons politiques. C'est ainsi que depuis le début du triomphe de la Révolution, parmi les axes de campagne médiatique et politique contre Cuba, le principal message sur la question migratoire a été que l'émigration est un problème cubain, en escamotant les causes réelles qui la produisent.

Suite

(Deuxième partie)

• À Cuba, les causes de la migration – hormis la première vague d'émigrants qui avaient soutenu le régime de Batista et les intérêts du gouvernement étasunien –, sont les mêmes que celles qui provoquent la mobilité transfrontalière de millions de personnes dans le monde.

Ces causes sont associées aux immenses défis auxquels l'humanité doit faire face, et qui découlent de la polarisation de la richesse qui a creusé la brèche entre les pays du Sud géopolitique et ceux qui concentrent les plus grandes richesses, l'accès privilégié à l'information, au savoir et à la technologie, du fait du pillage systématique et cumulatif des ressources naturelles et humaines des pays qui sont aujourd'hui les principaux émetteurs de migration internationale. À l'heure de la mondialisation, ces phénomènes ne respectent aucune frontière.

Comme dans la plupart des pays émetteurs de notre région, les Cubains émigrent pour des raisons économiques, des raisons familiales et d'autres motivations personnelles, associées à des facteurs historiques et culturels, liés à la tradition migratoire cubaine, qui est à l'origine même de la formation de notre nation.

La migration cubaine se répartit sur tous les continents, et elle suit les principales tendances migratoires internationales. La majorité des Cubains, résidant dans plus de 150 pays, entretiennent des relations normales avec leur famille à Cuba, et expriment des positions de rapprochement et de respect à l'égard de leur pays.

Le nombre de leurs visites à Cuba a atteint des chiffres record, et la durée de leur séjour à l'étranger dépend de plus en plus du degré de satisfaction de leurs attentes dans les pays récepteurs, et du fait qu'ils aient acquis une situation migratoire leur permettant de voyager.

La distribution de la migration internationale cubaine est liée à la proximité géographique, culturelle et linguistique avec les pays récepteurs, la tradition migratoire, et les spécificités qui ont formé historiquement les plus anciennes installations de Cubains dans le monde. Elle est également liée aux caractéristiques des relations officielles, à la quantité et à la nature de la présence cubaine à l'étranger, aux contacts et aux échanges de voyageurs.

Cependant, la politique migratoire appliquée par les États-Unis à l'égard de Cuba a changé la composition, la fluidité et l'intensité de la migration cubaine, et elle a modifié sa distribution géographique. En effet, les réseaux criminels qui dirigent le trafic illégal des migrants ont provoqué le transit des Cubains par certains pays ayant une position stratégique sur les chemins de l'immigration vers les États-Unis.

Actuellement, environ 85,7% des Cubains résidant à l'étranger vivent aux États-Unis. 77% d'entre eux se concentrent dans le sud du pays, dont plus des deux tiers – 68% – en Floride, où ils représentent 6,5% de la population totale de l'État, et constituent le plus grand groupe d'origine hispanique.

Les États-Unis ont mis en place des Programmes d'immigration qui leur permettent de sélectionner, au moment de la procédure d'octroi de visa, les migrants cubains en fonction de leurs propres intérêts. Ainsi par exemple, ils conditionnent et favorisent la délivrance de visa, à travers l'United States Refugee Program (Programme des États-Unis pour réfugiés) aux Cubains qui font montre de « mérites » suffisants dans leurs activités contre-révolutionnaires. Un moyen pour les États-Unis de stimuler le travail de déstabilisation interne.

De la même manière, ils privilégient l'émigration des personnes les plus qualifiées. C'est ainsi que plus de la moitié des 500 000 Cubains qui sont arrivés en Floride après 1990 possèdent un niveau d'instruction supérieur à celui des autres groupes hispaniques.

Pour exemple : le Cuban Medical Professional Parole Program (Programme de professionnels cubains de médecine sur parole), créé sous la présidence de George Bush, en août 2006, afin d'encourager l'émigration du personnel médical cubain, depuis des pays tiers. Un programme toujours en vigueur sous le gouvernement Obama.

À des fins purement politiques, ce Programme a pour but de discréditer et d'entraver la coopération médicale cubaine avec des pays amis, et d'aggraver les préjudices du blocus économique dans un secteur stratégique pour le pays. Il prétend utiliser à des fins politiques des professionnels aux qualités scientifiques et humaines reconnues, qui exécutent un travail de grande importance pour la population. Ces médecins, après avoir été attirés par la propagande, auront toutes les difficultés pour poursuivre leur pratique professionnelle.

Ce programme, qui s'inscrit lui aussi dans la Loi d'Ajustement cubain, est un cas classique de « vol de cerveaux », dont les conséquences ont été qualifiées de « flux fatal », et dénoncées par d'autres pays concernés et par des organismes internationaux, comme le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), et l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

La Révolution cubaine a pour conception du développement, l'intégration de l'économique et du social, sur la base de l'éducation et de la formation du capital humain.

La place qu'occupe la question migratoire dans la politique hostile des États-Unis à l'encontre de Cuba, son utilisation comme instrument pour manipuler les sentiments et les aspirations humaines en fonction de leurs intérêts et de leurs objectifs, obligent l'État révolutionnaire à se protéger et à trouver les moyens de préserver ses ressources humaines qualifiées, indispensables au développement du pays.

De ce fait, la question migratoire conserve sa signification humaine, culturelle et identitaire, mais pour Cuba, elle a aussi un aspect social, économique et politique, qui relève de la défense du pays. /Granma International


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