/   ISSN 1607-6389
LATEST_UPDATE_ON Mer, 20 Sep 2017 - 13:51

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Édition Imprimée

Institutions, organisations, artistes et sportifs cubains s’unissent aux actions contre la violence
Un engagement mondial en faveur des femmes et des filles

violencia_genero.jpgLe naturel avec lequel ils élèvent la voix pour la faire taire, la fréquence avec laquelle d’autres décident quoi faire sans la consulter ou la façon subtile de ne pas les croire capables de certains raisonnements la surprend encore. Mais ce qui l’étonne davantage, c’est que personne ne semble remarquer aucune nuance de violence dans ces simples façons d’agir.

C’est un fait vérifié que dans la société cubaine la violence physique et l’homicide contre les femmes sont rares et fermement condamnés du point de vue légal et par l’imaginaire collectif. Mais ce n’est pas pour autant que les institutions gouvernementales et les organisations de masse et professionnelles cessent de travailler pour faire prendre conscience d’une question profondément enracinée culturellement et qui se pose dans le monde entier.

« La violence envers les femmes a un caractère universel. Elle ne concerne pas uniquement les pays en voie de développement. Les chiffres sont très élevés et il est important de les divulguer, car ils mettent en évidence la gravité du problème », déclare Myrta Kaulard, coordinatrice résidente du système des Nations unies à Cuba.

Les statistiques révélées par la responsable des Nations unies pendant l’interview avec Granma International, indiquent que dans le monde, une femme sur deux est victime de violence, qu’elle soit physique, psychologique ou d’autre forme. Une autre donnée est également préoccupante : 70 % d’entre elles souffrent de mauvais traitements physiques ou sexuels au sein du couple. Les féminicides sont souvent commis par le partenaire.

« C’est l’autre caractère de la question de la violence envers les femmes : ce sont parfois des problèmes très intimes, et la victime n’ose pas en parler. »

FEMMES, FILLES DANS UN MONDE DURABLE

Le 25 septembre dernier, l’Organisation des Nations unies a adopté son nouveau programme des objectifs de développement durable (ODD) pour les 15 prochaines années, qui inclut 17 objectifs et 169 cibles. Cette proposition met spécialement l’accent sur les femmes et les fillettes, comme le démontre l’objectif 5 : parvenir à l’égalité des sexes et à l’autonomisation de toutes les femmes et les filles.

« Chacun des 17 objectifs a une référence très forte concernant les femmes et l’égalité des sexes, des droits, de l’accès aux opportunités et des avantages », poursuit Myrta Kaulard. Et ceci, parce que l’on reconnaît comme un élément fondamental pour la réussite des ODD, pour notre bien-être et pour celui des générations futures, le fait que tous, indépendamment du genre et de l’orientation sexuelle, aient le même droit à l’accès et aux opportunités.

Atteindre cet objectif dans les prochaines années est un défi important aussi bien pour les gouvernements que pour les institutions internationales chargés de veiller à leur accomplissement, c’est pourquoi des objectifs ont été fixés qui, de manière explicite, indiquent les actions à réaliser pour y parvenir.

« La première, c’est de mettre fin à toutes les formes de discrimination contre toutes les femmes et les filles dans le monde. L’autre, c’est d’éliminer toutes les formes de violence contre les femmes et les filles. C’est le lien direct avec la campagne Tous unis pour mettre fin à la violence à l'égard des femmes et l’engagement d’éradiquer de la violence aussi bien dans les secteurs publics que privés. C’est le cadre de développement adopté au niveau universel par tous les pays », a souligné Myrtha Kaulard.

UNE CAMPAGNE QUI A FAIT BEAUCOUP EN PEU DE TEMPS

En 1999, le 25 novembre a été désigné comme Journée internationale des Nations unies pour l’Élimination de la violence à l’égard des femmes. Moins de 10 ans plus tard (2008), le Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-Moon, a lancé la campagne mondiale : Tous unis pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes et des filles.

Cette initiative s’articule autour de trois axes : Stop à l’impunité ; pas une de plus et la responsabilité de toutes et tous. En un peu plus de 5 ans, elle a obtenu des résultats significatifs.

« Parmi ces résultats figurent une reconnaissance sociale croissante du problème de la violence. Plus de 60 pays ont annoncé des mesures spécifiques pour la prévenir et y faire face », assure Myrta Kaulard.

En Amérique latine et la Caraïbe, il y a plus de 30 pays qui travaillent sur les trois axes de la campagne. Par ailleurs, un nombre important de pays de la région ont promulgué des lois sur la violence contre les femmes ou ont perfectionné leur cadre actuel législatif pour garantir une réponse légale à ce problème.

Cependant, la lutte contre ce fléau ne se limite pas au mois de novembre. En 2012, le Réseau mondial des jeunes de la campagne Tous unis... a lancé l’idée de fêter le 25 de chaque mois la Journée Orange, afin de mobiliser mensuellement l’attention sur ce problème et souligner la nécessité d’un engagement pour trouver des solutions.

CUBA, UNE RÉALITÉ DIFFÉRENTE

Une anecdote personnelle de mon interlocutrice me rappelle combien le contexte cubain est différent. « J’ai travaillé dans des pays où la femme peut dénoncer les faits, mais lorsque son époux l’apprend, il devient encore plus violent ou bien la femme n’a aucun lieu pour se protéger. »

Dès le début de la Révolution, le gouvernement cubain a fait de nombreux efforts pour autonomiser la femme et la reconnaître comme sujet social, ce qui se traduit par un vaste système de lois qui vont depuis la Constitution jusqu’aux codes du travail et de la famille. Après avoir rappelé cette réalité, je reviens à l’interview de la coordinatrice résidente.

« C’est important de créer des fonctions qui reconnaissent et qui agissent pour protéger les victimes de la violence, qu’elles soient très compétentes, qu’elles sachent comment communiquer et traiter la question avec soin, avec sagesse, mais en réalisant des actions concrètes. Se taire n’est pas la solution », ajoute-t-elle en insistant.

Il serait impardonnable de ne pas souligner dans ces lignes le militantisme actif des institutions, des organisations et des associations comme la Fédération des femmes cubaines et la revue de la Femme, le Centre national d’éducation sexuelle, l’Union nationale des juristes, le Réseau ibéro-américain et africain des masculinités, le groupe de réflexion et solidarité Oscar Arnulfo Romero et le projet Toutes à contre-courant.

De nombreux artistes et sportifs également se sont unis à la campagne Tous unis pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes.

Sensibiliser les jeunes sur cette question est aussi important que le travail que chacun de ces acteurs sociaux réalise, et ceci afin de former des individus qui dans l’avenir n’auront pas à faire face à ce type de problème et qui créeront leurs propres solutions. Ce n’est que l’une des nombreuses voies pour parvenir à un monde durable et sans violence à l’égard des femmes. /Granma


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