Cuba: Les transformations ne constituent pas un virage vers le capitalisme, mais l'actualisation d'une construction socialiste innovante
- Écrit par Redacción ¡ahora!
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En définissant ce nouvel espace comme un mécanisme permettant d’être directement à l’ecoute des gens, il a assuré que tous les appels et toutes les interventions seraient traités, y compris ceux qui n'ont pas pu passer à l'antenne.
« Chaque voix compte à Cuba », a-t-il souligné.
PRIX, RETRAITES, TERRE, CONTRÔLE ET CARBURANT
L'émission a été marquée par la participation directe d'auditeurs de différentes provinces, qui ont fait part de leurs préoccupations concernant la mise en œuvre des mesures, le coût de la vie, la situation des retraités, la production alimentaire et la crise énergétique.
Un auditeur de Cienfuegos a attiré l'attention sur le décalage existant parfois entre les directives nationales et leur application sur le terrain. Il a réclamé un meilleur contrôle pour garantir que les décisions prises au niveau central soient effectivement appliquées à la base.
Une dame a raconté qu'elle demandait depuis plus de dix ans une parcelle de terre non cultivée à Arroyo Naranjo pour y produire des denrées alimentaires. Elle a souligné que, malgré un avis favorable du ministère de l'Agriculture, le terrain ne lui avait pas été attribué. Elle a également expliqué qu'elle faisait partie d'un réseau de 101 jardins et espaces de production gérés par des femmes et a demandé si les nouvelles mesures permettraient enfin de résoudre son cas.
Depuis Contramaestre, dans l’est du pays, un autre auditeur a attiré l'attention sur l'inflation et la hausse des prix, demandant combien de temps la population devrait encore attendre pour voir cette situation s'améliorer. « Les salaires et les pensions ne suffisent pas pour vivre », a-t-il déploré.
Évoquant la situation de certaines personnes âgées, une retraitée de 88 ans a fait part des difficultés qu'elle rencontre pour subvenir à ses besoins avec sa pension et a demandé que les nouvelles mesures tiennent tout particulièrement compte de leur situation.
Une personne a demandé directement au président s'il était possible de recevoir du carburant de pays amis et si le gouvernement avait entrepris des démarches en ce sens.
« Nous avons multiplié les démarches de toutes sortes pour obtenir du carburant, mais il n'en arrive d'aucune partie du monde », a répondu Díaz-Canel.
Et d’ajouter : « Les mesures de durcissement du blocus énergétique imposé à Cuba par le gouvernement des États-Unis ont pris une dimension extraterritoriale avec le deuxième décret de l'administration Trump ; en réalité, malgré tous nos efforts, nous ne sommes pas parvenus à y remédier. »
Les appels ont mis en lumière plusieurs des problèmes les plus immédiats de la vie quotidienne : prix, salaires et retraites, alimentation, accès à la terre, fonctionnement des municipalités et disponibilité du carburant. Le président a assuré que les appels passés à l'antenne, tout comme ceux qui n'ont pas pu aboutir, seraient transcrits, classés et transmis pour être traités et suivis.
Le président Díaz-Canel a expliqué que les transformations économiques s'opèrent dans un contexte extrêmement difficile. Il a évoqué le déficit de production d'électricité, les perturbations de l'approvisionnement en eau, la pénurie de farine dans des centaines de boulangeries, les problèmes liés au gaz liquéfié ainsi que la situation des transports.
Face à ceux qui attribuent ces difficultés exclusivement à des problèmes internes, il a posé la question : « Quelle est la cause de cette réalité ? Est-ce l'inefficacité ? Est-ce la faute d’un État défaillant ? (...) Le blocus est criminel !»
Et de rappeler : « Cela fait neuf mois qu'aucun navire transportant du carburant n'est arrivé. Comment soutenir l'économie ? Comment travailler dans de telles conditions ? Comment assurer tous les services dont la population a besoin ? Comment relancer la production ? »
«LE PAYS DOIT PRODUIRE»
L'un des messages clés du président a porté sur la nécessité de rétablir la capacité de production nationale. « Le pays doit produire. Il ne peut continuer à espérer tout résoudre par l'importation. »
Díaz-Canel a également souligné que le contrôle administratif des prix ne saurait se substituer à une augmentation de l'offre : « La question des prix se règle en produisant davantage, en créant plus de richesses et en offrant une plus grande disponibilité de produits à la population. »
Le chef de l'État a reconnu que la population jugerait ces transformations à l'aune de leurs effets concrets sur la vie quotidienne. « Tant que nous ne verrons pas les résultats de ces transformations dans nos assiettes, en pharmacie ou à l'hôpital, il n'y aura pas de satisfaction. »
Il a enfin résumé l'objectif économique de ces mesures en trois mots d'ordre : « Plus de production, plus d'emplois et de meilleurs salaires. »
«IL N’Y A PAS DE RETOUR AU CAPITALISME»
Díaz-Canel a répondu de manière approfondie à l'une des préoccupations exprimées par plusieurs participants : celle de savoir si l'élargissement du marché et du secteur non étatique implique une transition vers le capitalisme.
« Ces transformations ne constituent ni un virage vers le capitalisme ni un processus de restauration capitaliste », a-t-il répondu. Il les a définies comme « l'actualisation de notre modèle économique et social dans le cadre d'une construction socialiste qui se doit également d'être innovante ».
« La réponse est claire, catégorique, sans détour. Il n'y a pas de retour au capitalisme », a-t-il souligné.
Il a fait valoir que, même en présence de secteur privé, de marché et d'investissements étrangers, c'est le peuple qui détient le pouvoir par l'intermédiaire de ses institutions. « Et cela ne change pas, ne changera pas et ne saurait changer. »
Il a également rappelé que « le marché est un outil et non un maître, comme dans le capitalisme », expliquant que la planification, le rôle de l'État, la direction du Parti et le contrôle populaire sont les éléments devant déterminer la manière dont ces mécanismes sont utilisés.
PARTICIPATION, CORRECTION, PROTECTION
Plis loin, le président a précisé que les transformations continueraient de faire l'objet de discussions sur les lieux de travail et au sein des communautés, tout en reconnaissant que leur mise en œuvre pourrait révéler des erreurs nécessitant des corrections.
« Il faut être capable de dialoguer, de recueillir les propositions utiles et d'exercer la critique ; en effet, certaines mesures comporteront des imperfections lors de leur application et devront être modifiées. Ces transformations ne porteront réellement leurs fruits que si nous y participons, si nous en assurons le suivi, si nous formulons des exigences et si nous nous impliquons en tant que peuple. »
Il a soutenu que tout doit revêtir une dimension sociale et éviter l'accroissement des inégalités, et a souligné les mesures de protection en faveur des retraités et des personnes vulnérables, incluant des aides différenciées, des traitements spécifiques et un fonds de développement social.
21,4 % DE LA PRODUCTION D’ÉLECTRICITÉ PROVIENT DE SOURCES RENOUVELABLES
Concernant la transition énergétique, le président Díaz-Canel a indiqué qu'une puissance de 1 418 MW a été installée dans 144 parcs photovoltaïques et que l'année devrait s'achever avec plus de 1 500 MW.
Il a précisé que 21,4 % de l'électricité est désormais produite à partir de sources renouvelables. Il a également mentionné l'installation de systèmes photovoltaïques dans des polycliniques, des hôpitaux, des maternités, des maisons de retraite et d'autres établissements, ainsi que les progrès réalisés dans un projet visant à rendre le pompage de l'eau progressivement indépendant du Système électrique national.
LA LIBERTÉ DE CUBA EST ADVENUE LE 1er JANVIER 1959
En conclusion de l'émission, Díaz-Canel a réagi aux déclarations du président des États-Unis Donald Trump concernant Cuba, les qualifiant de « totalement arrogantes, hautaines et interventionnistes », affirmant qu'elles reflètent « cette mentalité génocidaire, criminelle et empreinte de mépris à l'égard de Cuba ».
Le président Díaz-Canel a souligné que Washington tente de présenter Cuba comme un État en faillite afin de se soustraire à sa responsabilité quant aux conséquences du blocus, et a conclu par un message direct : « La liberté de Cuba est advenue le 1er janvier 1959 avec cette Révolution ; nous ne perdrons pas cette liberté, nous la défendrons. » (Source : Granma)